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Les 6 ennemis de notre cerveau

Le professeur Bernard Sablonnière*, chercheur à l'Inserm, spécialiste des maladies neurodégénératives, nous explique comment garder une bonne santé cérébrale.

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Publié le 03/10/2016 à 12:04 | Le Point.fr 
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Connaitre les caractéristiques du cerveau des enfants est essentiel pour prodiguer une éducation efficace et épanouissante.

Daniel Siegel et Tina Payne Bryson nous guident dans le livre « la discipline sans drame » en nous offrant une synthèse des découvertes en neurosciences.

Voici les 3 « C » du cerveau :

LE CERVEAU EST ÉVOLUTIF 

Le cerveau des enfants ressemble à une maison en construction, peut-on lire dans « la discipline sans drame ».

Le cerveau inférieur est composé du tronc cérébral et de l’aire limbique. On appelle cette région le cerveau reptilien. Elle est responsable des opérations cérébrales et mentales primaires : émotions fortes, instincts premiers, fonctions élémentaires (respiration, régulation du sommeil, digestion). Ce cerveau inférieur est très vigoureux chez les enfants. Il les pousse à réagir impulsivement (attaque, défense) plutôt qu’à réfléchir. Ce cerveau inférieur comprend notamment l’amygdale, structure cérébrale essentielle au décodage des émotions, et en particulier des stimulus menaçant pour l’organisme.

Le cerveau du haut est, lui, peu développé à la naissance et continue sa maturation jusqu’à 25 ans. Il est responsable des pensées élaborées. Il est constitué du cortex cérébral, enveloppe externe du cerveau.
Ce cerveau du haut est le siège de :

  • la prise de décision et des planifications pertinentes
  • la régulation émotionnelle et corporelle
  • discernement
  • flexibilité et adaptabilité
  • empathie
  • moralité

Ce sont là des qualités que nous aimerions voir chez nos enfants. Prenons cependant conscience que leur développement est long et nécessite de notre part de la clairvoyance pour nous connecter à l’enfant, comprendre son point de vue, le rediriger si besoin et l’aider ainsi à grandir.

Le fait de savoir que le cerveau de l’enfant n’est pas encore mature nous permettra de faire preuve de plus de compassion, de patience, d’écoute et surtout d’adopter des stratégies d’accompagnement adaptées.
« Le fait que son cerveau soit encore en chantier nous fournit un motif supplémentaire pour poser [avec bienveillance] à l’enfant des limites claires et l’aider à comprendre ce qui est acceptable ou pas. » écrit Daniel Siegel.

LE CERVEAU EST MODIFIABLE

« Le cerveau peut être intentionnellement façonné par l’expérience » : on évoque la neuro-plasticité. Par exemple, il a été observé que la pratique de la pleine conscience ou du piano change fondamentalement, physiquement, l’organisation cérébrale.

Sur un sujet plus dramatique, « les violences subies dans la petite enfance peuvent entrainer plus tard dans l’existence une vulnérabilité à la maladie mentale. Les enfants qui en sont victimes ont des changements dans l’hippocampe. Ils présentent des taux plus importants de dépression, d’addiction et de troubles liés au stress post-traumatique.

Ainsi, chaque expérience compte et modifie concrètement le cerveau. Et leur répétition modifie la structure des câblages neuronaux, renforçant certains « chemins » et en supprimant d’autres inutilisés. D’où l’intérêt de nourrir des habitudes positives et d’opter pour des activités constructives afin que les comportements se reproduisent d’autant plus facilement.

LE CERVEAU EST COMPLEXE 

Le cerveau est multi-tâche, chaque région se chargeant de missions différentes. Certaines aires sont responsables de la mémoire, d’autres du langage, d’autres de l’empathie,…

Dans l’éducation, nous pouvons faire appel à ces différentes zones. Ainsi, lorsque nous éduquons par la menace (exprimée de manière verbale ou non-verbale), nous activons les circuits défensifs du cerveau reptilien des enfants. Ce qui se solde par trois réactions automatiques possibles visant à la survie : fuite, combat, immobilisation. En agissant ainsi, c’est la réactivité du cerveau inférieur qui s’active et on se prive de la réceptivité du cerveau supérieur. Réactivité et réceptivité ne peuvent pas fonctionner en même temps.

Pour solliciter ce cerveau supérieur, il est essentiel de montrer de l’empathie et de la bienveillance. C’est aussi la condition d’un apprentissage serein (attention, mémorisation).

C’est par exemple la raison pour laquelle l’injonction « calme-toi » ne fonctionne pas  sur un enfant énervé tandis que le contact physique et la verbalisation émotionnelle oui. Pour la verbalisation, c’est le concept de « nommer pour apprivoiser » qui implique que le cortex préfrontal (cerveau supérieur) régule l’amygdale (cerveau inférieur), contribuant à l’apaisement. D’où l’importance de poser des mots sur ce que l’on ressent.

Source : « la discipline sans drame » de Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson

 

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Il y a bientôt 11 ans que je pratique le neurofeedback et que j’utilise l’électroencéphalogramme quantitatif comme technique de neuroimagerie cérébrale.

Depuis environ 3 ans, on a vu apparaître un nouveau profil neuroélectrique anormal chez les enfants et les adolescents qui, jusque-là, était quasi inexistant. En effet, comparé à la base de données normative, on voit de plus en plus souvent des excès significatifs d’une bande de fréquence comprise entre 12 et 15 Hz de façon diffuse dans le cerveau des jeunes. Habituellement, ce profil s’accompagne sur le plan symptomatique d’une espèce de fébrilité, d’une agitation motrice, ou encore d’une agitation intérieure, voire même d’anxiété.

Surmenage version électroencéphalogramme quantitatif

Pourtant, historiquement, cette bande de fréquence, qu’on appelle le rythme sensorimoteur lorsqu’elle est produite par le cortex sensorimoteur, a été associée à de bonnes capacités d’inhibition motrice et cognitive. C’est une bande de fréquence qui est même entraînée à la hausse chez les athlètes, car elle favorise ce fameux état tant recherché qu’on appelle « la zone » et qui correspond en fait à une grande présence d’esprit. Mais voilà que tout à coup, de plus en plus de jeunes ont beaucoup trop de 12 à 15 Hz dans leur cerveau!

Des enfants de plus en plus stressés

Loin de penser pouvoir expliquer les raisons qui sous-tendent cette anomalie, en comparant les enfants du début des années 2000 à ceux d’aujourd’hui, une chose m’a sauté aux yeux : les enfants qui me consultent sont de moins en moins sereins, qu’ils aient 6 ou 16 ans. Ils sont inquiets quant à leur réussite scolaire, quant à leurs relations interpersonnelles, par rapport à leur performance dans leurs activités parascolaires, s’inquiètent de ce que leurs parents vont dire; bref, les petites inquiétudes ponctuelles font de plus en plus place à un trouble anxieux bien structuré chez de plus en plus de jeunes dans ma pratique clinique. Aux États-Unis, un rapport publié en mai 2013 par le « Centers for disease control and prevention » mentionnait effectivement que les problèmes de santé mentale chez les jeunes ont augmenté depuis 2005, y compris pour les troubles anxieux. Malheureusement, ce constat n’était pas accompagné d’explications en lien avec cette augmentation.

Toujours plus…

Cette situation est préoccupante et m’a amenée à me demander si le rythme de vie des jeunes et de leurs parents n’excédait tout simplement pas la capacité d’adaptation de la majorité d’entre eux. Et si ça allait trop vite, trop souvent, trop longtemps? Faire plus, faire mieux et plus vite, ça vous dit quelque chose? Et si le cerveau de ces enfants était en train de nous lancer un message du type : « arrêtez, je n’en peux plus! »?

La plupart du temps, quand les gens nous consultent pour leurs enfants, ils le font en raison de difficultés d’attention chez leur jeune. Chaque fois, un électroencéphalogramme quantitatif est réalisé ainsi que des tests d’attention. Si l’enfant évalué présente un excès diffus de 12 à 15 Hz, invariablement il présente les caractéristiques mentionnées plus haut. Son entraînement en neurofeedback consistera alors à réduire ces excès, mais, jusqu’à maintenant, on constate que ces anomalies sont les plus difficiles à corriger.

Prendre le temps de prendre son temps

Quand je parle avec ces jeunes, il me vient toujours la même image : on dirait des élastiques sur lesquels on tire dans tous les sens. Pour éviter que ces élastiques ne se rompent, il me semble important que, comme parents, on revoie notre horaire et celui de nos enfants et qu’on réévalue leur réalisme. Si un jeune de 10 ans va dans une école privée, voit un tuteur 2 soirs/semaine pour garder le rythme en classe, qu’il a du hockey 2 autres soirs avec une pratique le samedi, est-ce vraiment important qu’il apprenne aussi le piano? J’exagère, vous pensez? Cet exemple est tiré directement de ma clientèle!

Cet engrenage où la performance est reine semble avoir eu notre main, mais il est plus que temps de réagir avant que tout notre corps (et notre esprit) n’y passe. Réagissons! Le bonheur et la paix d’esprit sont en vue.

Par Johanne Lévesque, 
neuropsychologue chez Neurodezign

 

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L’Académie Américaine de Pédiatrie et la Société Canadienne de Pédiatrie ont déclaré que les nourissons âgés de 0 à 2 ans ne devraient avoir aucune exposition à la technologie, que les 3-5 ans soient limités à une heure par jour, et les 6-18 ans soient limités à 2 heures par jour (AAP 2001/13, cps 2010). Les enfants et les jeunes emploient 4-5 fois la quantité recommandée de technologie, avec des conséquences graves et souvent potentiellement mortelles (Kaiser Foundation 2010, Active Healthy Kids Canada 2012). Les appareils portables (téléphones portables, tablettes, jeux électroniques) ont considérablement augmenté l’accessibilité et l’utilisation de la technologie, particulièrement par les enfants en très bas âge (Common Sense Media, 2013). En tant qu’ergothérapiste pédiatrique, j’invite les parents, les professeurs et les gouvernements à interdire l’utilisation de tous les appareils portables pour les enfants de moins de 12 ans. Voici les 10 raisons basées sur des recherches de cette interdiction. Consultez s’il vous plait zonein.ca pour voir la fiche de recherche référencée de Zone’in.

1. Croissance rapide du cerveau

Entre 0 et 2 ans, le cerveau du nourrisson triple de taille, et continue dans un état de développement rapide jusqu’à 21 ans (Christakis 2011). Le développement précoce du cerveau est déterminé par les stimulus environnementaux, ou leur absence. La stimulation d’un cerveau en développement causé par une surexposition aux technologies (téléphones portables, Internet, iPads, TV), s’est montrée être associée au déficit de l’attention, aux retards cognitifs, aux troubles de l’apprentissage, à une impulsivité accrue et à une diminution de la capacité à s’auto-réguler, ex. les accès de colère (Small 2008, pagini 2010).

2. Retard de développement

L’utilisation de la technologie limite les mouvements, ce qui peut entrainer un retard de développement. Un enfant sur trois entrent maintenant à l’école avec un retard de développement, ce qui impacte négativement l’alphabétisation et la réussite scolaire (HELP EDI Maps 2013). Le mouvement améliore l’attention et la capacité d’apprentissage (Ratey 2008). L’utilisation de la technologie pour les moins de 12 ans est préjudiciable au développement et à l’apprentissage de l’enfant (Rowan 2010).

3. Epidémie d’obésité

L’utilisation de la télévision et des jeux vidéo est en corrélation avec l’augmentation de l’obésité (Tremblay, 2005). L’incidence d’obésité augmente de 30% chez les  enfants qui sont autorisés à avoir un appareil dans leurs chambres (Feng 2011). Un enfant canadien sur quatre et un enfant américain sur trois est obèse (Tremblay, 2011). 30 % des enfants atteints d’obésité développeront le diabète, et les personnes obèses courent un risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque précoces, raccourcissant sérieusement l’espérance de vie (Center for Disease Control and Prevention 2010). En grande partie due à l’obésité, les enfants du XXIe siècle pourraient être la première génération dont beaucoup ne vivront pas plus longtemps que leurs parents (Professor Andrew Prentice, BBC News 2002).

4. Manque de sommeil

60 % des parents ne supervisent pas l’utilisation de la technologie de leur enfant, et 75 % des enfants sont autorisés à utiliser le technologie dans leurs chambres (Kaiser Foundation 2010). 75 % des enfants âgés de 9 et 10 ans manquent de sommeil au point que leurs notes sont négativement impactées (Boston College 2012).

5. Maladie mentale

La surutilisation de la technologie est impliquée comme facteur de causalité dans la hausse, chez l’enfant, des taux de dépression, d’anxiété, de trouble de l’attachement, de déficit de l’attention, d’autisme, de trouble bipolaire, de psychose et de comportement problématique de l’enfant (Bristol University 2010Mentzoni 2011Shin 2011Liberatore 2011, Robinson 2008). Un enfant canadien sur six ont une maladie mentale diagnostiquée, beaucoup d’entre eux sont sous médicaments psychotropes dangereux (Waddell, 2007).

6. Agressivité

Les contenus violents des médias peuvent provoquer l’agressivité des enfants (Anderson, 2007). Les jeunes enfants sont plus exposés à l’incidence croissante de la violence physique et sexuelle dans les médias d’aujourd’hui. « Grand Theft Auto V » dépeint le sexe explicite, le meurtre, le viol, la torture et la mutilation, comme le font de nombreux films et émissions de télévision. Les États-Unis ont classés la violence dans les médias comme un risque pour la santé publique en raison de l’impact causal sur l’agressivité de l’enfant (Huesmann, 2007). Les médias rapportent une augmentation de l’utilisation des moyens de contention et des chambres d’isolement avec des enfants qui présentent de l’agressivité incontrôlée.

7. Démence numérique

Le contenu multimédia haut débit peut contribuer au déficit de l’attention, ainsi qu’à la diminution de la concentration et de la mémoire, du au raccourcissement des voies neuronales du cortex frontal du cerveau (Christakis 2004, Small 2008). Les enfants qui ne peuvent pas se concentrer ne peuvent pas apprendre.

8. Addictions

Alors que  les parents s’attachent de plus en plus  à la technologie, ils détachent de leurs enfants. En l’absence d’attachement parental, les enfants détachés peuvent s’attacher aux appareils, ce qui peut conduire à l’addiction (Rowan 2010). Un enfant sur 11 âgés de 8 à 18 ans sont accros à la technologie (Gentile 2009).

9. Emission de rayonnements

En mai 2011, l’Organisation Mondiale de la Santé a classé les téléphones portables (et autres appareils sans fil) comme un risque de catégorie 2B (cancérigène possible) dû à l’émission de rayonnement (OMS 2011). James McNamee avec Santé Canada en octobre 2011 a émis une mise en garde de prudence indiquant « les enfants sont plus sensibles aux divers agents que les adultes étant donné que leurs cerveaux et leurs systèmes immunitaires sont encore en développement, donc on ne peut pas dire que le risque serait égal pour un petit adulte que pour un enfant. » (Globe and Mail 2011). En décembre 2013, le Dr. Anthony Miller de l’école de santé publique de Toronto recommande en se basant sur de nouvelles recherches, que l’exposition aux radiofréquences devrait être reclassifié comme un 2A (cancérigène probable), non pas un 2B (cancérigène possible). L’académie américaine de pédiatrie a demandé un réexamen des émissions de rayonnements électromagnétiques provenant d’appareils technologiques, citant trois raisons concernant l’impact sur les enfants  (AAP 2013).

10. Non durable

Les façons dont les enfants sont élevés et éduqués avec la technologie ne sont plus durables (Rowan, 2010). Les enfants sont notre avenir, mais il n’y a pas d’avenir pour les enfants qui abusent de la technologie. Une approche en équipe est nécessaire et urgente afin de réduire l’utilisation des technologies par les enfants.

Cris Rowan

Ergothérapeute pédiatrique, biologiste, conférencière, auteur

Contactez s’il vous plaît Cris Rowan à info@zonein.ca pour plus d’informations.

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dans Actualités 1794

Neurofeedback, le cerveau guérisseur.

 

Technique non invasive, le neurofeedback fait appel aux capacités de plasticité neuronale pour traiter des symptômes tels que l’insomnie, le stress, les troubles du comportement, les migraines… Elle comporte différentes approches, basées sur une action consciente ou non du sujet sur l’activité bioélectrique de son cerveau.

Le neurofeedback fait de plus en plus d’adeptes dans l’Hexagone. Mais la technique, basée sur une mesure de l’activité bioélectrique du cerveau et une intervention consciente ou non du sujet pour correction en cas de trouble, n’est pas vraiment nouvelle. Élaborée à partir des années 1960-1970 aux États-Unis, elle s’appuie sur les recherches des neurologues Joseph Kamiya et Neal Miller, lesquels mettent en lumière l’influence de la volonté sur le corps.

Leurs expérimentations montrent la capacité de contrôle d’un sujet sur l’émission de certaines de ses ondes cérébrales (type alpha), et également sur des comportements physiologiques, comme le débit du flux sanguin. Suite à ces découvertes, des protocoles de neurofeedback se développent, basés sur la capacité d’autocontrôle du sujet sur l’activité bioélectrique de son cerveau dans un but thérapeutique. Cette dernière est ainsi mesurée au moyen d’un électroencéphalogramme (EEG). Un feedback (une information retour) est envoyé en cas de « signal atypique » détecté, avec pour objectif la régulation des fonctions cérébrales par le sujet lui-même. Les études se multiplient, prouvant l’impact positif du neurofeedback sur la diminution de la fréquence des crises d’épilepsie, sur le TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou sur des vétérans du Vietnam.

Connecter les neurones

Ce type de neurofeedback, dit de première génération, est basé sur un entraînement du patient sur son activité cérébrale, qu’il tente de réguler volontairement par la force de la pensée, et a pour cible un trouble en particulier, déterminé à l’avance. C’est l’approche privilégiée par certains psychologues (voir ci-dessous). Celle-ci se distingue nettement d’une autre approche, appelée dynamique, développée il y a dix ans en France et utilisée par la majorité des praticiens, soit une centaine dans le pays. Reposant sur le système informatisé NeurOptimal, elle permet au patient de n’avoir aucune action consciente à effectuer, le cerveau se régulant tout seul.

Installé dans un fauteuil, le patient écoute de la musique. Deux électrodes placées sur le haut du crâne enregistrent son activité neuronale, de manière indolore. Lorsqu’un pic d’activité neuronale est détecté, une micro-interruption du son intervient, inaudible pour la personne, mais perceptible par le cerveau. Celui-ci, en réponse à ce feedback, se réorganise et s’autorégule. « Le but n’est pas d’agir sur un trouble en particulier. C’est le cerveau qui lui-même décide à quel niveau il veut intervenir », explique Anne Maury, épouse du chef d’orchestre Emmanuel Krivine, qui pratique le neurofeedback dynamique depuis sept ans. « La notion de plasticité neuronale est au coeur de l’efficacité de la technique. Les connexions entre les neurones peuvent, en fonction des événements, d’un traumatisme ou de mauvaises conditions s’abîmer, mais surtout se réparer », poursuit la praticienne. Elle reçoit adultes et enfants, pour des troubles comme les problèmes de sommeil, le stress, le manque de confiance, de concentration ou de créativité, les addictions mais aussi l’autisme et le handicap mental des enfants. « Les effets peuvent parfois se faire sentir dès la première séance, mais plusieurs séances rapprochées sont nécessaires pour consolider les acquis », précise-t-elle, insistant sur son approche originale « neuro-psycho musico thérapie ». Elle choisit en effet une musique spécifique en fonction de chaque patient, « adaptée à son état ».

Élaborée par deux Canadiens, Sue et Val Brown, à la tête du Zengar Institute, le système NeurOptimal s’appuie, selon ses concepteurs, sur un algorithme élaboré par Dennis Gabor, prix Nobel de physique en 1971 pour ses travaux sur l’holographie. « Ce système part du principe que le cerveau peut se transformer beaucoup plus rapidement en utilisant des circuits neuronaux inconscients », précise Anne Maury, qui indique que le neurofeedback montre une efficacité dans 95 % des cas, « et d’ailleurs pas forcément là où la personne l’attendait de prime abord ». Technique non invasive, – aucun courant via les électrodes n’est en effet envoyé au cerveau –, le système NeurOptimal ne comporte pas d’effets secondaires connus. Néanmoins, la pratique du neurofeedback dynamique étant libre, seulement conditionnée par l’acquisition d’une machine, les profils des praticiens sont très variables. En vue d’une séance, il est prudent de vérifier au préalable ses références et l’interroger minutieusement sur son approche.

Le neurofeedback à l’hôpital

Deux hôpitaux proposent une prise en charge clinique de neurofeedback de première génération, c’est-à-dire basé sur l’apprentissage et l’entraînement conscient du cerveau. Leurs approches sont considérées comme expérimentales. À la Pitié-Salpêtrière, à Paris, Olivier Pallanca, psychiatre et neurophysiologiste, traite depuis 2011 les troubles du sommeil. À l’hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, le pôle de psychiatrie prend en charge les personnes souffrant de TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).

Isabelle Fontaine pour "Annuaire thérapeutes"
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