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Découvrez votre héritage émotionnel

Chaque famille possède une histoire, des valeurs et des croyances qui influent sur la façon de se comporter de ses membres. « L’héritage émotionnel s’inscrit très tôt chez le nouveau-né, car, faute d’accès au langage, c’est le ressenti qui lui vient en premier, explique Marie- Geneviève Thomas. Il s’approprie les émotions ressenties, portera facilement la tristesse, la colère ou la peur de ses parents. On peut dire que l’enfant naissant a déjà connaissance de l’inconscient de son père et de sa mère. » Pour la thérapeute, « se sentir régulièrement débordé ou bloqué par des émotions persistantes est le signe qu’elles sont peut-être transgénérationnelles, c’est-à-dire appartenant à un autre membre de la famille ». En prendre conscience est déjà un grand pas vers la libération et la réappropriation de celles qui nous sont propres. Pour mettre au jour les racines de nos émotions, Marie-Geneviève Thomas a conçu une méthode inspirée du génosociogramme, un arbre généalogique établi de mémoire sur plusieurs générations, matérialisant des faits marquants et des liens affectifs de la famille. Cette méthode permet de réécrire notre grammaire émotionnelle. 

1. Construisez votre génosociogramme 

Dans un cahier, notez ce que vous savez des lieux, pays d’origine, déménagements, éloignements, séparations et décès, ainsi que tous les événements marquants liés à chaque personne. Pour compléter votre recherche, vous pouvez interroger vos parents, votre fratrie et votre famille plus élargie. Prêtez attention à la manière dont ces informations vous seront livrées (ton de la voix, émotions manifestées, qualificatifs employés, silences...) et prenez note de l’ensemble. 

Repérez les points de vulnérabilité en relevant les événements douloureux (fausses couches, IVG, dépressions, maladies psychiatriques, accidents, handicaps, incestes, viols, suicides...). Essayez également de « fouiller » les périodes historiques difficiles, comme les guerres. 

Prêtez attention aux événements positifs (naissances, promotions sociales, unions heureuses et de longue durée...), ainsi qu’à la façon dont ils ont été vécus et dont ils ont influé sur les membres de la famille. Identifiez également les liens et les lieux structurants, stabilisants. Une fois ces observations collectées, réunies et « pensées », vous verrez se dégager les grands chapitres de votre roman familial et apparaître les lignes de fracture et de force. Vous pourrez aussi comprendre la manière dont tous les événements ont conditionné les comportements et les choix des uns et des autres, jusqu’à vous. 

2. Prenez conscience des types émotionnelles de votre famille 

De manière empirique, la psychogénéalogie a mis en lumière des liens existant entre certaines émotions et certains événements familiaux, qui se répètent ou dont les effets se transmettent de génération en génération. C’est ce qui façonne les typologies familiales : familles de colériques, d’anxieux, de dépressifs, d’insatisfaits, de victimes... 

La tristesse est très souvent le fruit de deuils non terminés ou de séparations douloureuses vécues dans l’enfance. 

La peur résulte d’épisodes « historiques » traumatisants (guerre, immigration, déportation) et d’événements « privés » graves (série de décès par accident ou maladie). 

La colère peut être liée à des phénomènes d’injustice (sociale ou intrafamiliale) et à de mauvais traitements (maltraitance physique ou psychologique, comme la négligence, le mépris, le manque de reconnaissance, l’hyperexigence...). 

La honte fait suite aux actes condamnés par la morale de la famille (enfant né sous X, adultère, libertinage, mésalliance sociale), par la loi (tous les actes criminels) ou par l’histoire (collaboration). 

La culpabilité découle du sentiment d’être la cause d’un événement non désiré, malheureux ou dramatique (un mariage déclenché par une grossesse, un décès après une rupture, une bonne intention qui tourne mal...).

3. Repérez les répétitions

Chacune signale une loyauté familiale consciente ou inconsciente. Il peut s’agir de répétitions de prénoms, de dates, de métiers, d’événements graves (accidents, maladies, ruptures) ou heureux (rencontres, naissances attendues, « coups de chance »).

Le prénom nous rapproche de ceux qui portent le même que nous. Interrogez vos parents, ou d’autres membres de la famille, pour savoir ce qui a motivé le choix du vôtre. Les questions : quelles ressemblances ou différences existe-t-il entre moi et les membres de ma famille qui portent – ou portaient – ce pré- nom ? Quelles attentes, conscientes ou non, ont pu peser sur moi via le choix de mon prénom ?

Les dates nous indiquent de qui nous sommes « héritiers » ou quel destin se rappelle à travers nous. Par exemple, une date récurrente d’accouchement dans la famille peut correspondre au jour du décès prématuré d’une aïeule. Les questions : existe-t-il dans ma vie des dates récurrentes ? Quelles sont les émotions qui y sont attachées ?

La place dans la fratrie (aîné, cadet ou benjamin) nous renvoie à d’autres membres de la famille qui occupent ou occupaient la même place. Les questions : quelles relations ceux qui, comme moi, sont ou étaient aînés, cadets ou benjamins ont-ils tissées avec leurs proches ? Quelles relations ai-je tissées avec les miens ? Quelles émotions sont attachées à ces places ?

Les métiers répétés mettent en lumière les membres de notre famille que nous voulons suivre par imitation ou ceux dont nous voulons (ou sommes poussés à) poursuivre l’œuvre. Les questions : ai-je vraiment choisi mon métier ? Qu’est-ce que je ressens envers celui qui l’exerce ou l’exerçait aussi dans ma famille ?

4. Identifiez vos croyances familiales

Il s’agit ici de repérer celles qui fondent la culture de chaque famille et qui se transmettent dans son patrimoine émotionnel. Cet examen permet de mettre au jour les messages légués et intégrés.

Interrogez-vous sur les règles – tacites ou expresses – en vigueur, de la manière suivante. Dans ma famille : – En quoi et en qui croit-on (la valeur travail, le père ou la mère, Dieu, etc.) ? – Quelles études faut-il suivre ? Quels métiers envisager ? Certaines options sont-elles interdites ou mal vues ? – Quel est le « discours » sur la sexualité ? – Doit-on se marier ? Quel conjoint est préférable ? Lequel est mal vu ? – De quelle façon vit-on (ouverte, autarcique) ? Quelle place est accordée au travail et aux loisirs ? – Comment élever les enfants ? En transmettant quelles valeurs ? Quelle place est donnée à l’autorité, à la reli- gion, à la morale ? – Quels sont les sujets tabous ou qui s’avèrent conflictuels ?

Une fois les réponses obtenues, reprenez-les une par une en prêtant attention à vos émotions : colère, tristesse, sentiment de sécurité, etc. Puis demandez-vous lesquelles de ces règles et croyances vous avez adoptées sans les remettre en question. Chaque intégration « malgré soi » est source de conflit intérieur et peut se manifester par des débordements émotionnels réguliers.

5. Libérez-vous des chaînes émotionnelles

L’objectif est de se détacher sans se délier, car notre famille nous donne nos racines : elle nous ancre dans le monde et dans le temps.

Illustrez votre arbre à l’aide de photos, de dessins de métiers, de drapeaux de pays, de tout ce que vous jugerez évocateur pour mettre en images votre culture familiale.

Prenez le temps de ressentir ce qui se passe en vous face à vos deux lignées. Quelles émotions « montent » ? Nommez-les, puis essayez d’évaluer leur intensité.

Écrivez des phrases réparatrices sur votre cahier ou en marge de l’arbre, comme : « Je me libère de (ma colère, mes peurs, ma honte, ma tristesse...) » ; « Je mets tout en œuvre pour réussir (ma vie professionnelle, ma vie amoureuse...) ». Vous pouvez aussi :

Méditer pendant un mois, (un peu) chaque jour, sur les membres de votre famille qui ont souffert et dont vous sentez que vous portez les « ombres ». Cette démarche est une façon de vous apaiser tout en leur rendant, de manière compassionnelle, leur histoire.

Exprimer de la gratitude envers ceux dont vous sentez qu’ils vous ont transmis des qualités, des ressources, des valeurs. Cela permet de vous « défusionner » symboliquement tout en restant inscrit dans votre histoire familiale.

Fabriquer votre arbre généalogique idéal. Les personnes que l’on admire sont souvent celles avec qui l’on partage des qualités et des talents. Inventez-vous une nouvelle famille en sélectionnant parmi vos héros et héroïnes ceux et celles que vous aimeriez avoir comme parents, grands-parents, frères, sœurs, oncles et tantes. Prenez ensuite le temps de vous visualiser au cœur de ce nouvel arbre, prêtez attention aux pensées qui vous traversent, à la nature de l’énergie qui vous envahit, aux envies qui émergent... Ressentez enfin la possibilité de vous projeter dans l’avenir avec toute la force et la joie de votre nouvelle famille.

A DÉCOUVRIR

Marie-Geneviève Thomas, psychologue, psychothérapeute et animatrice d’ateliers de psychogénéalogie, est l’auteure de Psychogénéalogie, l’héritage invisible et de Pratique de la psychogénéalogie, construire son génosociogramme (Jouvence Éditions). 

Bibliographie :

« Le pouvoir de la gratitude » – Rébecca Shankland, ed Odile Jacob

« Aïe mes aïeux » - Anne Ancelin Schützenberger , ed. Desclée De Brouwer

source : magazine "Psychologies" mai 2015

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Comment le cerveau grandit avec l’âge

 
 

De la naissance à l’âge adulte, l’essentiel des transformations du cerveau se joue dans les connexions entre neurones. Leur complexité va être multipliée par quatre!

À la naissance, le cerveau du nourrisson est encore bien loin d’être achevé: sa taille ne dépasse pas le tiers de son futur gabarit chez l’adulte. Certes, sa croissance a été entamée très tôt, plus précisément au vingt-huitième jour de grossesse dès que sont apparues les premières cellules nerveuses. Immédiatement, ces dernières se sont mises à proliférer à un rythme effréné: pas moins de 3000 nouveaux neurones par seconde. Cinq mois plus tard, leur nombre frisera les 90 milliards, chiffre qui ne sera jamais dépassé. 

Mais pour atteindre sa maturité d’adulte, le cerveau doit ensuite mettre en place un vaste et compliqué réseau de connexions entre neurones. Une construction qui s’opère pour l’essentiel avant l’âge de 12 ans, avant de céder la place à des opérations d’«élagage». Dès les premiers jours, chaque contact, chaque geste,chaque émotion déclenchent la propagation de signaux nerveux qui vont renforcer les connexions entre neurones mises en place à partir du cinquième mois de grossesse. Parallèlement, ces cellules nerveuses continuent de créer de nouveaux contacts entre elles, tout en ne cessant de croître. 

A 3 mois, le cerveau a atteint la moitié de sa taille à l’âge adulte

Des chercheurs américains et norvégiens ont récemment mesuré cette maturation chez le bébé en s’appuyant sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM). D’après leurs résultats, le cerveau grandit d’environ 1% par jour juste après la naissance pour atteindre un rythme de croisière de 0,4% par jour à 3 mois: à cet âge, il a atteint la moitié de sa taille à l’âge adulte. 

Globalement, cette croissance s’effectue de façon simultanée et continue dans les différentes structures du cerveau. Sauf pour le cervelet, zone située à l’arrière du cerveau et impliquée dans le contrôle des mouvements, de la coordination et de l’équilibre,qui grossit de plus de 100% en l’espace de 90 jours ; et pour l’hippocampe, structure clé de la mémoire, qui ne gagne que 47% sur la même période. Guidés par des signaux moléculaires, des milliards de neurones établissent de multiples contacts entre eux,grâce à leurs prolongements. Et ces circuits tout neufs permettent au nourrisson de 2 mois d’activer dans le côté droit de son cerveau les régions de la reconnaissance visuelle. 

À trois mois, il fait de même à l’écoute de paroles, en sollicitant les aires du langage de son hémisphère gauche. Et à 4mois, ces réseaux neuronaux aident l’enfant à raisonner: il est désormais capable de comprendre qu’un objet qui vient de disparaître n’a pas cessé d’exister pour autant. En parallèle, il commence à acquérir des capacités numériques,encore rudimentaires. En présentant à des bébés de cet âge des figurines et en réalisant sous leurs yeux des opérations impossibles (par exemple, 1+1=3), la psychologue américaine Karen Wynn a constaté, par leurs regards, qu’ils sont capables de s’en apercevoir et de comprendre le résultat d’une addition (1+1) et d’une soustraction(2-1). 

Vers 18 mois, il prend conscience de son identité

Vers l’âge de 1 an, le cerveau de l’enfant a atteint les deux tiers de la taille qu’il aura adulte. Entre 1 an et 6 ans, alors que la région du cerveau appelée cortex préfrontal gagne en maturité, ce qui améliore le stockage temporaire d’informations, l’enfant parvient à corriger des erreurs de raisonnement: par exemple, sur la localisation d’un objet qu’on lui a caché. C’est aussi à cette période, vers 18 mois, qu’il prend conscience de son identité. Il devient capable de se distinguer des autres, puis de leur attribuer des croyances et des intentions.Tout en saisissant que ses actes ont des impacts sur son entourage. Ces apprentissages passent d’abord par le jeu, avant d’impliquer le langage, entre 18 et 24 mois. Et, comme l’explique Olivier Houdé, professeur de psychologie à l’université de Paris Descartes et responsable d’une équipe de recherches du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), «se développer, c’est aussi apprendre à inhiber certaines connaissances à certains moments». 

L’élagage de l’adolescence 

Ce processus d’inhibition, qui se met en place très tôt, va régner en maître jusqu’à l’âge adulte,aux alentours de 25 ans,voire jusqu’à 30 ans. Il s’accompagne dès l’adolescence d’un véritable élagage neuronal visant à sélectionner et renforcer certaines connexions, et à en supprimer d’autres. Un élagage qui procéderait par vagues, touchant d’abord les régions du cerveau liées aux fonctions sensorielles et motrices de base, avant de s’attaquer au cortex préfrontal, le siège des fonctions cognitives dites supérieures. En revanche, l’imagerie cérébrale montre que ce processus d’élimination correspond aussi à une accélération del’influx nerveux qui rend le cerveau plus efficace. Enfin, le lobe frontal, siège des fonctions évoluées, est encore en pleine maturation. Ce qui fait qu’à 15ans, un adolescent n’a pas les capacités d’abstraction, d’organisation ni de prise de décision qu’il aura adulte. D’où une certaine propension à faire des choix et adopter des comportements qui semblent bizarrement immatures aux yeux des adultes, alors que, par ailleurs, le même jeune peut avoir des aptitudes intellectuelles remarquables!

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dans Actualités 358

La question aujourd'hui de savoir si on se sent bien parait inutile et sans intérêt mais notre cerveau et notre égo nous jouent souvent des tours. Les neurosciences nous aident à voir les secrets cachés.

Vous vous sentez affreusement mal, vous stressé(e), tendu(e)... Bref on connaît tous ces états ! Quelle est l'émotion qui en est la cause ? La tristesse, la colère, la culpabilité, la honte ? Prendre conscience de son état interne est la clé. C'est aussi simple que ça. Ca semble stupide, trop simple, pour certains peut-être que c'est même absurde. Quoi qu'il arrive, vous avez le droit de ne pas être d'accord, à vous de voir. Dans une étude récente effectuée par résonance magnétique appelée "mettre des mots sur nos ressentis", des participants devaient observer des images de personnes ayant des expressions faciales liées à certaines émotions. De manière prévisible, l'amygdale de chacun des participants s'activait en fonction des émotions véhiculées par les images. Par la suite, quand on a demandé aux participants de nommer l'émotion en question, les scientifiques on parfaitement vu grâce à l'IRM que la partie du cortex préfrontal ventrolatéral activé par le fait de nommer l'émotion réduisait l'activité de l'amygdale - partie du cerveau qui s'active en cas de danger, ou d'imprévu. Elle semble moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie-. 

En d'autres mots, la prise en compte consciente des émotions réduit leur impact. 

amygdale

En revanche, tenter de supprimer l'émotion ou se convaincre qu'elle n'existe pas est une illusion, cela ne marche pas. Cette émotion s'inscrit et se cristallise dans votre corps à travers une réaction de celui-ci : rhume, angine, grippe, autres maladies, accident et cela en fonction de l'origine et de la cause de cette émotion.

En prendre conscience est vraiment la clé. Pour réduire la stimulation de l'amygdale, vous avez juste besoin de quelques mots pour décrire l'émotion et idéalement d'utiliser un langage symbolique en d'autres termes cela veut dire d'utiliser des métaphores ou une manière de simplifier l'expérience émotionnelle que vous êtes en train de vivre. Cela exige de vous que vous activiez votre cortex préfrontal qui réduit la stimulation du système limbique - partie du cerveau qui s'occupe des émotions. Voilà la clé : mettre de la conscience sur l'émotion et ne plus la subir réduit foncièrement son impact.

SPIRITUALITY

Les anciennes traditions étaient bien en avance de notre civilisation sur tout ces sujets. La méditation est une pratique ancestrale. Prendre du recul, accueillir les évènements, les pensées, les émotions et les mesurer est à la la base du courant de la pleine consciencecréé par Jon Kabat Zin.

En fait, prendre conscience affecte le cerveau si puissamment que cela impacte aussi mon entourage et les personnes qui le compose. Prendre conscience et accueillir les émotions est un des premiers outils utilisés par les enquêteurs dans les affaires criminelles.

Pourquoi je parle de cet outil par rapport à la gratitude ? Parce que les émotions sont extrêmement puissantes et qu'elle peuvent mettre à mal notre état d'esprit quel qu'il soit. J'ai beau prendre du plaisir et être très heureux de cultiver la gratitude au quotidien, une émotion non-accueillie, non comprise, ou subie a tendance à anéantir tout ce que j'ai pu mettre en place dans ma vie quotidienne.

Bon, j'espère que la lecture de cet article vous a permis d'avancer dans la façon d'aborder ces fameuses émotions. Peut-être que vous ne vous sentez pas dans une énergie extraordinaire, mais peut-être qu'il y a des choses dans votre vie qui vous cause des émotions et que cela vous cause du stress. Voici une approche qui va vous permettre de les gérer !

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dans Actualités 317

L’adolescent est une « machine à apprendre »

Le livre de Dr Frances E. Jensen « le cerveau adolescent » est une précieuse source d’informations quant aux transformations que vivent les adolescents. On y découvre notamment qu’ils sont de véritables « machines à apprendre ».

En effet, au niveau du cerveau, les adolescents possèdent plus de synapses excitatrices que de synapses inhibitrices, créant un état propice à la connexion et le tracé de « chemins » entre deux neurones.  Ceci facilite l’acquisition de nouvelles informations et leur stockage en mémoire à long terme. Ces chemins se renforcent d’autant mieux qu’ils sont utilisés fréquemment. Ce sont là les vertus de l’entraînement via la répétition.

 

Notons également que pendant la phase d’adolescence, se déroule l’élagage synaptique. Il consiste à supprimer les connexions inutilisées pour optimiser la structure cérébrale. Ceci s’observe par une transformation partielle de la matière grise en matière blanche. Le cerveau y gagne en efficacité.

On peut résumer ce phénomène par « Utilise-moi ou perds-moi ».

Ainsi donc,  les neurosciences nous confirment que les ados ont des prédispositions pour apprendre. Encore faut-il que l’intérêt et l’attention soient présents. Surtout que, contrairement à ce qu’ils peuvent penser, les ados sont très mauvais en multi-tâche. Ils ont donc besoin de canaliser leur énergie et apprendre à se concentrer sur une chose à la fois pour réguler leur cerveau fougueux.

Conclusion du Dr Frances E. Jensen :

« Il est plus facile d’inscrire de nouvelles informations et de les conserver adolescent qu’adulte.[…] L’adolescence est le meilleur moment pour identifier ses forces et investir dans ses talents émergents. C’est aussi le moment où vous (parents/enseignants) obtiendrez les meilleurs résultats si vous faites appel à la remédiation, ou à toute autre aide spécialisée, pour résoudre des problèmes cognitifs ou émotionnels. »

L’auteur donne quelques conseils pour accompagner les ados :

   leur donner peu de consignes à la fois (et ne pas s’étendre dans des explications)

   écrire au lieu de parler

   les aider à s’organiser en leur offrant un agenda

   les inviter à pratiquer la méditation pour la gestion émotionnelle, la diminution du stress et le développement de la concentration

   les écouter avec empathie pour les aider à verbaliser leurs ressentis

   passer un contrat avec eux pour le temps passé sur les écrans et notamment les smartphones qui captent leur attention à tout moment

   placer l’ordinateur dans un lieu commun à toute la famille (et non dans leur chambre)

   avoir une attitude bienveillante et ferme

   établir des règles simples validées ensemble

   les guider dans la découverte de leurs forces et talents

Source : http://adozen.fr/ladolescent-est-une-machine-a-apprendre/

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dans Actualités 408

Le cerveau des adolescents est immature...

A 18 ans, Benoît emprunte la voiture de son père pour partir en vacances avec des amis. A 2 heures du matin, il roule à 180 km/h sur une route de campagne, la musique pulse dans tout son corps, le marquage blanc de la route défile comme dans un jeu vidéo. Derrière lui, les filles se sont endormies, la tête posée sur l’épaule de leur copain. La vitesse, la musique, les copains, les filles…

Benoît a un sentiment de contrôle total, de moment parfait. Puis un virage trop serré qu’il ne voit pas arriver. La voiture file tout droit, plonge au-dessus d’un fossé et s’écrase contre un arbre. Personne n’est blessé, mais c’est un miracle. Henri, son père, est consterné : comment Benoît a-t-il pu prendre de tels risques ?

Florence harangue sa fille de 15 ans pour la énième fois : « Qu’est-ce que tu fais encore au téléphone ? Nous étions d’accord : tu n’appelais tes copines qu’après avoir fait tes devoirs ! » Nadia hausse les épaules et marmonne en triturant l’anneau qui lui traverse le nombril. En sortant de la chambre de sa fille, Florence se sent une fois de plus impuissante et désemparée. N’y a-t-il pas moyen de lui faire comprendre ce qui est important pour elle ?

Goût du risque, recherche de sensations fortes, incapacité à se motiver pour ce qui est important, soumission irréfléchie au groupe de copains, accès de colère… Mais que se passe-t-il donc dans la tête des adolescents ? Une nouvelle génération de chercheurs en neurosciences se pose la question : leur cerveau est-il bien le même que celui des adultes ? Et la réponse est surprenante : absolument pas !

Depuis Jean Piaget épistémologue et psychologue suisse,1896-1980), on pensait que le développement du cerveau et de ses fonctions était à peu près terminé vers l’âge de 12 ans. A ce moment-là, en effet, le cerveau a atteint sa taille définitive. Mais l’amélioration des techniques d’imagerie cérébrale prouve aujourd’hui que la maturation du cerveau est incomplète jusqu’à 20, voire 25 ans…

Le cortex préfrontal – celui qui donne à l’humain son front bombé qui le distingue des grands singes – est responsable du contrôle de nos pulsions et de notre capacité à nous projeter dans l’avenir. Or, selon le docteur Jay Giedd, de l’Institut de la santé américain, à Washington, le « câblage » de sa substance blanche – la gaine des neurones qui assurent une conduction fiable des influx nerveux – n’arrive pas à maturité avant l’âge de 20 ans en moyenne (J.N.Giedd et coll., “Brain Development During Childhood and Adolescence : a Longitudinal MRI Study””, in “Nature Neuroscience”, 1999).

Dès la puberté en revanche, vers 12 ans, les ovaires et les testicules commencent à fonctionner à plein régime. Les hormones qu’ils libèrent dans la circulation baignent les neurones du cerveau émotionnel et stimulent le besoin de s’affirmer, d’être pris au sérieux, de découvrir ce qui existe au-delà des frontières familières et de tester son appartenance au groupe.

Il y a donc un décalage entre la maturation hormonale, qui pousse les enfants à prendre des risques, et la maturation de la région du cerveau, qui pourrait leur permettre de réfléchir avant de se lancer… C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les deux premières causes de mortalité chez les adolescents sont les accidents et le suicide.

D’après Laurence Steinberg, professeur de psychologie à l’université de Temple, à Philadelphie, cette séquence « hormones-d’abord, cortex-frontal-ensuite » pourrait être comparée à une voiture que l’on démarre et que l’on met entre les mains de quelqu’un qui ne sait pas encore conduire (“Examining the Teen Brain”, in “Time Magazine”, 5 mai 2004.). D’ailleurs, si la science a mis longtemps à reconnaître cette étape tardive dans la maturation du cerveau, les compagnies de location de voitures, elles, ne s’y sont pas trompées : la plupart ne louent pas de voitures aux moins de 25 ans…

Alors, comment aider nos enfants à traverser cette période délicate ? Pour les aider à compenser leur manque de contrôle, il faut pouvoir les guider en leur offrant des activités structurées (heures de devoirs, périodes de repas, périodes de sport, périodes de télévision ou de jeux). Il faut aussi pouvoir parler avec eux des sujets délicats : déceptions en amitié ou en amour, sorties, alcool, drogues, etc.

Mais, justement, ce dont les adolescents se plaignent le plus, c’est d’être constamment houspillés par leurs parents qui leur répètent les mêmes injonctions à longueur de temps ; ce à quoi ils répondent en se retirant dans le silence ou la bouderie. Avant de leur parler, il faut donc savoir les écouter. Une étude de l’université de l’Illinois suggère que plus les adolescents se sentent écoutés par leurs parents, plus ils sont réceptifs à ce qu’on leur dit (J.P. Caughlin et R.S. Malis, “Demand/Withdraw Communication Between Parents and Adolescents : Connections with Self-Esteem and Substance Use”, in “Journal of Social & Personal Relationships”, 2004).

Il faudrait donc commencer par s’ouvrir à ce qui les préoccupe eux, plutôt que de se concentrer sur ce qui nous inquiète nous. Et il n’y aura pas de court-circuit à la recette de toutes les relations importantes de notre vie : une bonne dose de patience et d’amour…

Source - décembre 2004 – Psychologie Magazine

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dans Actualités 457

LES EFFETS DES CRITIQUES SUR LES ENFANTS (ET FUTURS ADULTES)

J’ai réalisé quelques recherches sur les effets des critiques sur les enfants. Voilà ce que j’ai trouvé :

1  Les critiques modifient le style d’attachement. Un enfant (ou un ado) qu’on ne cesse de critiquer peut se demander si il ne devrait pas chercher l’amour ailleurs. Thomas d’Ansembourg nous parlait d’ailleurs des pièges de cet amour conditionnel.

2  Les critiques génèrent de la honte, de la culpabilité et provoquent une dégradation de l’estime de soi des enfants qui iront même jusqu’à refouler leurs émotions, s’isoler socialement et cela les empêchera de faire preuve d’initiative de peur d’échouer.

3  Les critiques vont devenir réalité. Lorsqu’on ne cesse de vous dire que vous êtes paresseux, méchant, peureux,… ces étiquettes deviennent une seconde nature. L’enfant se dirigera inconsciemment vers elles en modifiant son comportement. C’est le travers des prophéties auto-réalisatrices. Difficile de décoller ces étiquettes en grandissant.

4  Nous l’évoquions dans le point 2, les critiques détruisent la confiance en soi des enfants.

5  Les critiques infligent des blessures émotionnelles qu’on peut garder à vie et qui se réveillent en fonction des situations (ou des jugements reçus une fois adulte).

6  Les critiques deviennent des auto-critiques et alimentent des ruminations mentales.

7  Les critiques sont susceptibles de déclencher une réaction de défense/attaque ou de fuite relativement à la blessure (point 6)

Neurosciences et critiques :

Une récente étude a démontré les effets de la critique d’une mère face à son adolescent.

Les résultats suggèrent que les jeunes peuvent répondre aux critiques maternelles par une augmentation de la réactivité émotionnelle mais une diminution du contrôle cognitif et de la transformation sociale cognitive.

En bref, l’adolescent se ferme totalement face aux critiques et arrête de chercher à comprendre les motivations de ses parents. 

COMMENT ÉVITER LES CRITIQUES ?

Il y a plusieurs façons d’éviter les critiques et d’ainsi faciliter l’apprentissage des enfants :

   les encouragements : au lieu de voir ce qui ne vous convient pas, remarquez tout haut ce que l’enfant a l’intention de faire ou ce qu’il a déjà fait avec succès.

   les preuves d’amour : « je t’aime parce que tu es toi » et les câlins sont des preuves d’amour inconditionnels.

   les consignes claires formulées affirmativement et les règles : dire ce que l’on attend et non ce que nous ne voulons pas. Cette astuce est d’autant plus pertinente que l’inconscient transforme le négatif en positif. Ainsi, « ne touche pas à ce vase » sera compris comme « Touche à ce vase » .

   l’exemplarité et le « faire ensemble »  : les enfants observent et nous imitent. Nous sommes dotés de neurones-miroirs dans notre cerveau, profitons-en ! 

   lâcher-prise : le lâcher-prise parental bien dosé favorise la confiance en soi des enfants et leur autonomie

   la proposition de choix : « préfères-tu faire comme ceci ou comme ceci » : le choix booste l’autonomie et l’engagement des enfants.

   le jeu, l’imagination : faire parler des objets, lancer des défis, inventer des histoires,…

   la description sans jugement de ce que vous observez et de ce que vous appréciez «  : « J’aime te regarder tracer cette lettre ainsi. Et si tu utilisais la même technique avec celle-ci ? »

   un seul mot ou un signe de main pour signifier ce que vous attendez : cette manière minimaliste de communiquer renforce la confiance et la complicité tout en permettant d’économiser de l’énergie et du temps. 

   la communication non-violente : un outil fabuleux pour être à l’écoute des besoins de chacun : vous trouverez toutes les informations

Ne pas critiquer est loin d’être une habitude simple à adopter. Nous croulons sous les critiques et d’ailleurs, cet article en est une puisqu’il s’agit d’une critique des critiques, même si je l’ai voulue la plus neutre possible (avec des faits scientifiques).

Une alternative consiste à n’émettre une critique que si nous accompagnons l’enfant (ou quiconque) vers une solution. C’est le principe des critiques constructives et c’est sur ce modèle qu’est construit cet article.

Source : Jeff | janvier 12, 2016- site http://papapositive.fr/les-effets-des-critiques-sur-les-enfants/

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dans Actualités 405

C’est d’un livre que je souhaite vous parler aujourd’hui. Sa vocation se résume grâce à ce poème offert en introduction.

« Nous ne croyons pas en nous tant que quelqu’un ne nous a pas révélé qu’au fond de nous, il y a quelque chose de précieux qui vaut la peine d’être écouté, qui mérite notre confiance et dont le contact est sacré. Lorsque nous croyons en nous même, nous pouvons être curieux, nous émerveiller, nous amuser sans retenue ou vivre toute expérience qui fait le bonheur de l’esprit humain. »

e.e. Cummings

Alors si vous êtes parents, si vous allez le devenir ou si vous voulez aider d’autres parents, lisez la suite.

Ce que nous disons…

Prenons quelques instants pour observer nos défauts de langage (liste non exhaustive) :

Non !

Je n’ai pas le temps maintenant, peut-être plus tard.

Attends d’avoir des enfants, tu vas comprendre !

Pour l’amour du ciel, qu’es-tu en train de faire ???

Sois gentil avec ta soeur sinon…

Range ta chambre.

Finis ton assiette, il y a des enfants qui crèvent de faim dans le monde !

Pour qui tu te prends !

ça me fera plus mal qu’à toi.

Fais-le tout de suite !

Pourquoi tu ne ressembles pas à …

Va réfléchir dans ta chambre.

Tais-toi et écoute moi.

C’est pour ton bien que je le fais.

Pourquoi sont-ce des défauts de langage ? Parce qu’ils sont négatifs et menaçants. Ils induisent donc une réaction négative de l’enfant.

Sauf que…ces paroles que nous proférons sont souvent des réflexes acquis par l’imitation de nos propres parents. Nous reproduisons les mêmes erreurs avec les conséquences que nous avons nous-même subies (et que nous subissons encore).

Pour rectifier le tir : Réfléchissons avant de parler.

Et pour nous aider, demandons-nous :

« Dans vingt ans, que voudrions-nous que nos enfants se souviennent nous avoir entendu dire ? »

Aïe…

Les paroles sont puissantes. Elles construisent notre vision du monde…et celle de nos enfants, qui nous écoutent, même quand nous ne nous adressons pas directement à eux.

Voici une citation qui pourrait vous servir de mantra :

« Si vous traitez un individu tel qu’il est, il restera le même. Si vous le traitez comme il pourrait être, il deviendra la personne qu’il pouvait être. »

Johann Wolfgang von Goeth

Une conversation saine à la base de l’apprentissage

Comme le précise l’auteur, le plus important facteur de développement est le nombre et la qualité des conversations tenues avec un enfant. Cela passe par l’écoute, le questionnement et l’échange à pratiquer avec une totale bienveillance. Les 10 phrases suivantes vous y aideront :

Les 10 phrases positives à dire aux enfants

1) Je t’apprécie. 

Le message est diffèrent de celui porté par « je t’aime ». On se concentre ici sur la personnalité de l’enfant. Les deux sont à utiliser.

2) Tu apprends rapidement.

Il est indispensable que les enfants aient une image d’eux-même comme des êtres en perpétuel évolution via l’apprentissage.

3) Merci. 

Un mot simple qui a tant d’implications dans le présent ainsi que dans le futur. Les relations sociales en dépendent grandement. De plus, le « merci » est la clé de la pratique de la gratitude. Un pilier de la psychologie positive.

4) Que dirais-tu si on s’entendait à propos de… ?

On établit ENSEMBLE des solutions qui remplissent les besoins de chacun. Il s’agit de coopération.

5) Dis-m’en d’avantage.

Cette phrase facilite l’expression de l’enfant et lui signifie son importance à vos yeux. De plus, cette attitude d’écoute lui servira de modèle pour ses propres interactions sociales.

6) Lisons ensemble.

Lire des histoires à un enfant a d’immenses vertus. De plus, cela développe la passion pour les livres et l’envie d’apprendre. Le livre est associé à la notion de plaisir. La phrase « Lisons ensemble » est une manière d’emmener l’enfant sur le chemin de l’apprentissage en multipliant les échanges constructifs.

La lecture est un moment privilégié pour resserrer les liens et créer de l’ancrage positif.

7) Nous faisons tous des erreurs.

Cette phrases est une des clés pour contourner la peur de l’échec et favoriser l’auto-compassion. Les erreurs font partie de l’apprentissage. On a à apprendre de chacune de nos erreurs. Il est bon de le rappeler (souvent). Un échec est une chance de mieux recommencer.

8) Je te demande pardon ou je suis désolé.

Dans la même logique que le droit à l’erreur, nous devons apprendre à nous excuser quand nous avons commis une erreur ou même blessé un enfant par des mots durs ou des attitudes avilissantes. Cette phase est le début d’une action réparatrice.

L’enfant nous imitera.

9) Qu’en penses-tu ?

Cette phrase est une invitation à une conversation qui valorisera les pensées et les actes de l’enfant.

10) Oui. 

Prenez l’habitude de dire « oui » plutôt que « non ». Et de manière générale à formuler vos phrases affirmativement.

Pour aller plus loin et trouver des sources d’inspiration pour vos futures actions, je vous invite à lire « dix phrases positives à dire aux enfants » de Paul Axtell.

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dans Actualités 478

Les besoins du cerveau pour bien apprendre (et ses 4 ennemis)

PAR JEFF · SEPTEMBRE 17, 2016

Dans son livre « J’aide mon enfant à mieux apprendre », Bruno Hourst énumère les besoins spécifiques du cerveau pour favoriser l’apprentissage des enfants. C’est une véritable check-list à destination des élèves, des parents et des enseignants que nous obtenons.

Les besoins du cerveau pour bien apprendre :

Besoins physiques/biologiques

            une nourriture saine, variée et équilibrée

            un sommeil suffisant et du repos régulier

            de l’air pur et de l’exercice physique

            un environnement physique de qualité

            une bonne posture, une bonne assise

Besoins psychologiques et émotionnels

            pratiquer l’humour sous différentes formes

            avoir des occasions de libérer sa créativité

            ne pas être l’objet de moquerie, mépris, menaces, chantage, violence, etc.

            satisfaire le besoin d’art, de beauté

            recevoir de l’affection, du respect

            être au contact de la nature

            être en sécurité émotionnelle, que la personnalité ne soit pas mise en jeu

            ne pas être jugé

            ne pas subir de double langage

            ne pas subir de stress inutile

            pouvoir parler, être écouté

Besoins mentaux (nous y reviendrons dans un prochain article)

            pouvoir créer ses propres structures mentales

            avoir suffisamment de « points d’ancrage » sur ce que l’on fait et apprend

            avoir régulièrement une vue globale de ce que l’on fait et apprend

            avoir des occasions de se poser des questions, plutôt que d’attendre les réponses

            être stimulé, sans surstimulation

            pouvoir développer sa curiosité

            découvrir des approches variées sur ce que l’on fait et apprend

            participer à des jeux stimulants

Des besoins sociaux

            que les échanges soient favorisés

            que les échanges soient riches et variés

            pratiquer le travail et l’étude en coopération

4 ennemis du cerveau

Bruno Hourst cite également dans son livre les 4 ennemis du cerveau :  la menace, l’excès de stress, l’anxiété, et le « je n’y arriverai jamais ». Ces ennemis bloquent les capacités d’apprentissage.

Voici des solutions pour minimiser leur influenc

          - à l’école, éviter toute menace comme : interrogations écrites surprises, menace de zéro ou de colles, mise en difficulté émotionnelle d’un élève comme l’obligation d’aller au tableau.

            - créer une atmosphère d’apprentissage où les erreurs font partie de la démarche d’apprentissage

            - permettre aux enfants de changer d’état lorsqu’une activité précédente les a énervés, déprimés, agacés : discussion, exercice simple de respiration, yoga,…

            - revenir sur les souvenirs d’expérience qui ont entamé l’estime de soi de l’enfant et qui le poussent à se dévaloriser. Poser des mots sur le ressenti.

           - L’aider à se focaliser sur son savoir-faire. Le différencier des modèles de manque de confiance en soi : tu es toi, tu es unique, tu es différent.

            - éviter tout jugement sur la personne et préférer le renforcement positif à partir de la description des actes réalisés avec succès

            - procurer à l’enfant des outils et des méthodes pour se relaxer et exprimer ses émotions sans violence

Source : « j’aide mon enfant à mieux apprendre » de Bruno Hourst

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dans Actualités 440

Si vous vous réveillez chaque nuit à la même heure, voici pourquoi :

« La brise à l’aube a des secrets à vous dire. N’allez pas vous rendormir. Vous devez lui demander ce que vous voulez vraiment. » – Rumi
 
Se réveiller chaque nuit au même moment, sans alarme prévue à cet effet, peut être un signe auquel vous devez faire attention. Vous êtes un être humain avec des énergies qui circulent à votre insu à travers votre corps.
Qu’en est-il en Orient ?

D’après la médecine traditionnelle chinoise, l’énergie circule le long du corps via des circuits énergétiques appelés méridiens. Il y en a 14. L’énergie se déplace et fait le tour des méridiens en 24h. Les méridiens gouvernent les grandes fonctions du corps humain : poumons, cœur…

Ils sont essentiels pour des pratiques telles que l’acupuncture ou l’acupression. Ces méridiens sont connectés à l’horloge biologique et dynamisent des parties différentes du corps à différents moments de la journée. Si vous vous réveillez chaque soir entre 3 et 5h, cela veut dire que les énergies d’une partie précise de votre corps sont bloquées ou faibles.
Vous avez du mal à vous endormir entre 21h et 23h :
C’est généralement dans ce créneau horaire que la plupart des gens vont au lit. Si vous avez du mal à faire de même, vous êtes probablement stressé et inquiet à cause de votre journée. Pour vous aider à vous endormir, des pensées positives, de la méditation et des exercices de relaxation sont préconisés.
 
Vous vous réveillez entre 23h et 1h :
Selon la médecine chinoise, c’est à ces heures que le méridien de la vésicule biliaire est actif. Se réveiller à de telles heures est associé aux déceptions sentimentales. Acceptez-vous, faites la part des choses et pardonnez les autres pour retrouver un bon sommeil.
Vous vous réveillez entre 1h et 3h :
Le méridien associé à l’horloge biologique et au foie se met en marche entre ces deux heures. Se réveiller à un tel moment est lié à la colère et à l’excès de stress. Essayez de boire de l’eau fraîche et de gérer la situation qui vous a mis en colère pour dormir paisiblement la nuit. En effet, le foie, organe de la colère, représente la conscience que nous avons de nous-même.
Vous vous réveillez entre 3h et 5h : 
Se réveiller à ce moment est associé au méridien qui circule dans les poumons et reflète la tristesse. Ce sont donc les fonctions respiratoires qui sont affectées. Pour vous rendormir, respirez profondément et doucement et ayez foi en vous. D’un point de vue psychologique, ce sont les limites qu’on a instaurées qui ne sont peut-être pas respectées voire dépassées.
Vous vous réveillez entre 5h et 7h :
À l’aube, le flux énergétique est dans les gros intestins et les blocages émotionnels y sont associés. Cet organe qui permet l’élimination des toxines représente le pouvoir de lâcher-prise. Essayez d’étirer vos muscles ou allez aux toilettes, pour vous rendormir plus facilement. 

 
Voici pourquoi vous vous réveillez chaque nuit à la même heure :

Ce phénomène est connu sous le nom d’inertie du sommeil. C’est une période où votre vigilance est altérée lors de la transition sommeil-éveil. Elle peut durer de quelques minutes à quelques heures.

Vous semblez éveillé mais vous n’êtes pas en possession totale de vos mouvements, ni de vos comportements ou décisions. S’en suit parfois des déficits de mémoire, voire une désorientation dans le temps et l’espace.
Quand vous vous réveillez soudainement durant la nuit, le cortex préfrontal n’est pas encore éveillé. C’est la partie du cerveau responsable des prises de décision et du contrôle de soi. Vous n’êtes pas capable de réfléchir intelligemment à de tels moments, donc ne prenez jamais de décision importante.
Se réveiller et réaliser les plus grands objectifs
Durant votre sommeil, vous rêvez mais pouvez également recevoir des messages célestes sur votre destinée. Les rêves peuvent révéler des détails à propos du voyage spirituel que vous vivez. En tant qu’être spirituel, vous devez être conscient des signes que votre esprit vous envoie. 
Votre spiritualité peut se manifester sur votre corps, tout comme vos problèmes émotionnels, sous forme de douleurs. Cette divine étincelle, que chacun possède en lui, apparaît au réveil. Vous devez y prêter attention.

Que vous croyiez à la spiritualité ou non, le fait que vous vous réveilliez constamment entre 3 et 5h du matin indique clairement que tout ne va pas bien dans votre vie. Écoutez vos sens et faites attention aux messages que vous recevez.

 
 

 

 

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Les 6 ennemis de notre cerveau

Le professeur Bernard Sablonnière*, chercheur à l'Inserm, spécialiste des maladies neurodégénératives, nous explique comment garder une bonne santé cérébrale.

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Publié le 03/10/2016 à 12:04 | Le Point.fr 
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Connaitre les caractéristiques du cerveau des enfants est essentiel pour prodiguer une éducation efficace et épanouissante.

Daniel Siegel et Tina Payne Bryson nous guident dans le livre « la discipline sans drame » en nous offrant une synthèse des découvertes en neurosciences.

Voici les 3 « C » du cerveau :

LE CERVEAU EST ÉVOLUTIF 

Le cerveau des enfants ressemble à une maison en construction, peut-on lire dans « la discipline sans drame ».

Le cerveau inférieur est composé du tronc cérébral et de l’aire limbique. On appelle cette région le cerveau reptilien. Elle est responsable des opérations cérébrales et mentales primaires : émotions fortes, instincts premiers, fonctions élémentaires (respiration, régulation du sommeil, digestion). Ce cerveau inférieur est très vigoureux chez les enfants. Il les pousse à réagir impulsivement (attaque, défense) plutôt qu’à réfléchir. Ce cerveau inférieur comprend notamment l’amygdale, structure cérébrale essentielle au décodage des émotions, et en particulier des stimulus menaçant pour l’organisme.

Le cerveau du haut est, lui, peu développé à la naissance et continue sa maturation jusqu’à 25 ans. Il est responsable des pensées élaborées. Il est constitué du cortex cérébral, enveloppe externe du cerveau.
Ce cerveau du haut est le siège de :

  • la prise de décision et des planifications pertinentes
  • la régulation émotionnelle et corporelle
  • discernement
  • flexibilité et adaptabilité
  • empathie
  • moralité

Ce sont là des qualités que nous aimerions voir chez nos enfants. Prenons cependant conscience que leur développement est long et nécessite de notre part de la clairvoyance pour nous connecter à l’enfant, comprendre son point de vue, le rediriger si besoin et l’aider ainsi à grandir.

Le fait de savoir que le cerveau de l’enfant n’est pas encore mature nous permettra de faire preuve de plus de compassion, de patience, d’écoute et surtout d’adopter des stratégies d’accompagnement adaptées.
« Le fait que son cerveau soit encore en chantier nous fournit un motif supplémentaire pour poser [avec bienveillance] à l’enfant des limites claires et l’aider à comprendre ce qui est acceptable ou pas. » écrit Daniel Siegel.

LE CERVEAU EST MODIFIABLE

« Le cerveau peut être intentionnellement façonné par l’expérience » : on évoque la neuro-plasticité. Par exemple, il a été observé que la pratique de la pleine conscience ou du piano change fondamentalement, physiquement, l’organisation cérébrale.

Sur un sujet plus dramatique, « les violences subies dans la petite enfance peuvent entrainer plus tard dans l’existence une vulnérabilité à la maladie mentale. Les enfants qui en sont victimes ont des changements dans l’hippocampe. Ils présentent des taux plus importants de dépression, d’addiction et de troubles liés au stress post-traumatique.

Ainsi, chaque expérience compte et modifie concrètement le cerveau. Et leur répétition modifie la structure des câblages neuronaux, renforçant certains « chemins » et en supprimant d’autres inutilisés. D’où l’intérêt de nourrir des habitudes positives et d’opter pour des activités constructives afin que les comportements se reproduisent d’autant plus facilement.

LE CERVEAU EST COMPLEXE 

Le cerveau est multi-tâche, chaque région se chargeant de missions différentes. Certaines aires sont responsables de la mémoire, d’autres du langage, d’autres de l’empathie,…

Dans l’éducation, nous pouvons faire appel à ces différentes zones. Ainsi, lorsque nous éduquons par la menace (exprimée de manière verbale ou non-verbale), nous activons les circuits défensifs du cerveau reptilien des enfants. Ce qui se solde par trois réactions automatiques possibles visant à la survie : fuite, combat, immobilisation. En agissant ainsi, c’est la réactivité du cerveau inférieur qui s’active et on se prive de la réceptivité du cerveau supérieur. Réactivité et réceptivité ne peuvent pas fonctionner en même temps.

Pour solliciter ce cerveau supérieur, il est essentiel de montrer de l’empathie et de la bienveillance. C’est aussi la condition d’un apprentissage serein (attention, mémorisation).

C’est par exemple la raison pour laquelle l’injonction « calme-toi » ne fonctionne pas  sur un enfant énervé tandis que le contact physique et la verbalisation émotionnelle oui. Pour la verbalisation, c’est le concept de « nommer pour apprivoiser » qui implique que le cortex préfrontal (cerveau supérieur) régule l’amygdale (cerveau inférieur), contribuant à l’apaisement. D’où l’importance de poser des mots sur ce que l’on ressent.

Source : « la discipline sans drame » de Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson

 

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dans Actualités 653

Il y a bientôt 11 ans que je pratique le neurofeedback et que j’utilise l’électroencéphalogramme quantitatif comme technique de neuroimagerie cérébrale.

Depuis environ 3 ans, on a vu apparaître un nouveau profil neuroélectrique anormal chez les enfants et les adolescents qui, jusque-là, était quasi inexistant. En effet, comparé à la base de données normative, on voit de plus en plus souvent des excès significatifs d’une bande de fréquence comprise entre 12 et 15 Hz de façon diffuse dans le cerveau des jeunes. Habituellement, ce profil s’accompagne sur le plan symptomatique d’une espèce de fébrilité, d’une agitation motrice, ou encore d’une agitation intérieure, voire même d’anxiété.

Surmenage version électroencéphalogramme quantitatif

Pourtant, historiquement, cette bande de fréquence, qu’on appelle le rythme sensorimoteur lorsqu’elle est produite par le cortex sensorimoteur, a été associée à de bonnes capacités d’inhibition motrice et cognitive. C’est une bande de fréquence qui est même entraînée à la hausse chez les athlètes, car elle favorise ce fameux état tant recherché qu’on appelle « la zone » et qui correspond en fait à une grande présence d’esprit. Mais voilà que tout à coup, de plus en plus de jeunes ont beaucoup trop de 12 à 15 Hz dans leur cerveau!

Des enfants de plus en plus stressés

Loin de penser pouvoir expliquer les raisons qui sous-tendent cette anomalie, en comparant les enfants du début des années 2000 à ceux d’aujourd’hui, une chose m’a sauté aux yeux : les enfants qui me consultent sont de moins en moins sereins, qu’ils aient 6 ou 16 ans. Ils sont inquiets quant à leur réussite scolaire, quant à leurs relations interpersonnelles, par rapport à leur performance dans leurs activités parascolaires, s’inquiètent de ce que leurs parents vont dire; bref, les petites inquiétudes ponctuelles font de plus en plus place à un trouble anxieux bien structuré chez de plus en plus de jeunes dans ma pratique clinique. Aux États-Unis, un rapport publié en mai 2013 par le « Centers for disease control and prevention » mentionnait effectivement que les problèmes de santé mentale chez les jeunes ont augmenté depuis 2005, y compris pour les troubles anxieux. Malheureusement, ce constat n’était pas accompagné d’explications en lien avec cette augmentation.

Toujours plus…

Cette situation est préoccupante et m’a amenée à me demander si le rythme de vie des jeunes et de leurs parents n’excédait tout simplement pas la capacité d’adaptation de la majorité d’entre eux. Et si ça allait trop vite, trop souvent, trop longtemps? Faire plus, faire mieux et plus vite, ça vous dit quelque chose? Et si le cerveau de ces enfants était en train de nous lancer un message du type : « arrêtez, je n’en peux plus! »?

La plupart du temps, quand les gens nous consultent pour leurs enfants, ils le font en raison de difficultés d’attention chez leur jeune. Chaque fois, un électroencéphalogramme quantitatif est réalisé ainsi que des tests d’attention. Si l’enfant évalué présente un excès diffus de 12 à 15 Hz, invariablement il présente les caractéristiques mentionnées plus haut. Son entraînement en neurofeedback consistera alors à réduire ces excès, mais, jusqu’à maintenant, on constate que ces anomalies sont les plus difficiles à corriger.

Prendre le temps de prendre son temps

Quand je parle avec ces jeunes, il me vient toujours la même image : on dirait des élastiques sur lesquels on tire dans tous les sens. Pour éviter que ces élastiques ne se rompent, il me semble important que, comme parents, on revoie notre horaire et celui de nos enfants et qu’on réévalue leur réalisme. Si un jeune de 10 ans va dans une école privée, voit un tuteur 2 soirs/semaine pour garder le rythme en classe, qu’il a du hockey 2 autres soirs avec une pratique le samedi, est-ce vraiment important qu’il apprenne aussi le piano? J’exagère, vous pensez? Cet exemple est tiré directement de ma clientèle!

Cet engrenage où la performance est reine semble avoir eu notre main, mais il est plus que temps de réagir avant que tout notre corps (et notre esprit) n’y passe. Réagissons! Le bonheur et la paix d’esprit sont en vue.

Par Johanne Lévesque, 
neuropsychologue chez Neurodezign

 

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dans Actualités 601

L’Académie Américaine de Pédiatrie et la Société Canadienne de Pédiatrie ont déclaré que les nourissons âgés de 0 à 2 ans ne devraient avoir aucune exposition à la technologie, que les 3-5 ans soient limités à une heure par jour, et les 6-18 ans soient limités à 2 heures par jour (AAP 2001/13, cps 2010). Les enfants et les jeunes emploient 4-5 fois la quantité recommandée de technologie, avec des conséquences graves et souvent potentiellement mortelles (Kaiser Foundation 2010, Active Healthy Kids Canada 2012). Les appareils portables (téléphones portables, tablettes, jeux électroniques) ont considérablement augmenté l’accessibilité et l’utilisation de la technologie, particulièrement par les enfants en très bas âge (Common Sense Media, 2013). En tant qu’ergothérapiste pédiatrique, j’invite les parents, les professeurs et les gouvernements à interdire l’utilisation de tous les appareils portables pour les enfants de moins de 12 ans. Voici les 10 raisons basées sur des recherches de cette interdiction. Consultez s’il vous plait zonein.ca pour voir la fiche de recherche référencée de Zone’in.

1. Croissance rapide du cerveau

Entre 0 et 2 ans, le cerveau du nourrisson triple de taille, et continue dans un état de développement rapide jusqu’à 21 ans (Christakis 2011). Le développement précoce du cerveau est déterminé par les stimulus environnementaux, ou leur absence. La stimulation d’un cerveau en développement causé par une surexposition aux technologies (téléphones portables, Internet, iPads, TV), s’est montrée être associée au déficit de l’attention, aux retards cognitifs, aux troubles de l’apprentissage, à une impulsivité accrue et à une diminution de la capacité à s’auto-réguler, ex. les accès de colère (Small 2008, pagini 2010).

2. Retard de développement

L’utilisation de la technologie limite les mouvements, ce qui peut entrainer un retard de développement. Un enfant sur trois entrent maintenant à l’école avec un retard de développement, ce qui impacte négativement l’alphabétisation et la réussite scolaire (HELP EDI Maps 2013). Le mouvement améliore l’attention et la capacité d’apprentissage (Ratey 2008). L’utilisation de la technologie pour les moins de 12 ans est préjudiciable au développement et à l’apprentissage de l’enfant (Rowan 2010).

3. Epidémie d’obésité

L’utilisation de la télévision et des jeux vidéo est en corrélation avec l’augmentation de l’obésité (Tremblay, 2005). L’incidence d’obésité augmente de 30% chez les  enfants qui sont autorisés à avoir un appareil dans leurs chambres (Feng 2011). Un enfant canadien sur quatre et un enfant américain sur trois est obèse (Tremblay, 2011). 30 % des enfants atteints d’obésité développeront le diabète, et les personnes obèses courent un risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque précoces, raccourcissant sérieusement l’espérance de vie (Center for Disease Control and Prevention 2010). En grande partie due à l’obésité, les enfants du XXIe siècle pourraient être la première génération dont beaucoup ne vivront pas plus longtemps que leurs parents (Professor Andrew Prentice, BBC News 2002).

4. Manque de sommeil

60 % des parents ne supervisent pas l’utilisation de la technologie de leur enfant, et 75 % des enfants sont autorisés à utiliser le technologie dans leurs chambres (Kaiser Foundation 2010). 75 % des enfants âgés de 9 et 10 ans manquent de sommeil au point que leurs notes sont négativement impactées (Boston College 2012).

5. Maladie mentale

La surutilisation de la technologie est impliquée comme facteur de causalité dans la hausse, chez l’enfant, des taux de dépression, d’anxiété, de trouble de l’attachement, de déficit de l’attention, d’autisme, de trouble bipolaire, de psychose et de comportement problématique de l’enfant (Bristol University 2010Mentzoni 2011Shin 2011Liberatore 2011, Robinson 2008). Un enfant canadien sur six ont une maladie mentale diagnostiquée, beaucoup d’entre eux sont sous médicaments psychotropes dangereux (Waddell, 2007).

6. Agressivité

Les contenus violents des médias peuvent provoquer l’agressivité des enfants (Anderson, 2007). Les jeunes enfants sont plus exposés à l’incidence croissante de la violence physique et sexuelle dans les médias d’aujourd’hui. « Grand Theft Auto V » dépeint le sexe explicite, le meurtre, le viol, la torture et la mutilation, comme le font de nombreux films et émissions de télévision. Les États-Unis ont classés la violence dans les médias comme un risque pour la santé publique en raison de l’impact causal sur l’agressivité de l’enfant (Huesmann, 2007). Les médias rapportent une augmentation de l’utilisation des moyens de contention et des chambres d’isolement avec des enfants qui présentent de l’agressivité incontrôlée.

7. Démence numérique

Le contenu multimédia haut débit peut contribuer au déficit de l’attention, ainsi qu’à la diminution de la concentration et de la mémoire, du au raccourcissement des voies neuronales du cortex frontal du cerveau (Christakis 2004, Small 2008). Les enfants qui ne peuvent pas se concentrer ne peuvent pas apprendre.

8. Addictions

Alors que  les parents s’attachent de plus en plus  à la technologie, ils détachent de leurs enfants. En l’absence d’attachement parental, les enfants détachés peuvent s’attacher aux appareils, ce qui peut conduire à l’addiction (Rowan 2010). Un enfant sur 11 âgés de 8 à 18 ans sont accros à la technologie (Gentile 2009).

9. Emission de rayonnements

En mai 2011, l’Organisation Mondiale de la Santé a classé les téléphones portables (et autres appareils sans fil) comme un risque de catégorie 2B (cancérigène possible) dû à l’émission de rayonnement (OMS 2011). James McNamee avec Santé Canada en octobre 2011 a émis une mise en garde de prudence indiquant « les enfants sont plus sensibles aux divers agents que les adultes étant donné que leurs cerveaux et leurs systèmes immunitaires sont encore en développement, donc on ne peut pas dire que le risque serait égal pour un petit adulte que pour un enfant. » (Globe and Mail 2011). En décembre 2013, le Dr. Anthony Miller de l’école de santé publique de Toronto recommande en se basant sur de nouvelles recherches, que l’exposition aux radiofréquences devrait être reclassifié comme un 2A (cancérigène probable), non pas un 2B (cancérigène possible). L’académie américaine de pédiatrie a demandé un réexamen des émissions de rayonnements électromagnétiques provenant d’appareils technologiques, citant trois raisons concernant l’impact sur les enfants  (AAP 2013).

10. Non durable

Les façons dont les enfants sont élevés et éduqués avec la technologie ne sont plus durables (Rowan, 2010). Les enfants sont notre avenir, mais il n’y a pas d’avenir pour les enfants qui abusent de la technologie. Une approche en équipe est nécessaire et urgente afin de réduire l’utilisation des technologies par les enfants.

Cris Rowan

Ergothérapeute pédiatrique, biologiste, conférencière, auteur

Contactez s’il vous plaît Cris Rowan à info@zonein.ca pour plus d’informations.

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dans Actualités 1794

Neurofeedback, le cerveau guérisseur.

 

Technique non invasive, le neurofeedback fait appel aux capacités de plasticité neuronale pour traiter des symptômes tels que l’insomnie, le stress, les troubles du comportement, les migraines… Elle comporte différentes approches, basées sur une action consciente ou non du sujet sur l’activité bioélectrique de son cerveau.

Le neurofeedback fait de plus en plus d’adeptes dans l’Hexagone. Mais la technique, basée sur une mesure de l’activité bioélectrique du cerveau et une intervention consciente ou non du sujet pour correction en cas de trouble, n’est pas vraiment nouvelle. Élaborée à partir des années 1960-1970 aux États-Unis, elle s’appuie sur les recherches des neurologues Joseph Kamiya et Neal Miller, lesquels mettent en lumière l’influence de la volonté sur le corps.

Leurs expérimentations montrent la capacité de contrôle d’un sujet sur l’émission de certaines de ses ondes cérébrales (type alpha), et également sur des comportements physiologiques, comme le débit du flux sanguin. Suite à ces découvertes, des protocoles de neurofeedback se développent, basés sur la capacité d’autocontrôle du sujet sur l’activité bioélectrique de son cerveau dans un but thérapeutique. Cette dernière est ainsi mesurée au moyen d’un électroencéphalogramme (EEG). Un feedback (une information retour) est envoyé en cas de « signal atypique » détecté, avec pour objectif la régulation des fonctions cérébrales par le sujet lui-même. Les études se multiplient, prouvant l’impact positif du neurofeedback sur la diminution de la fréquence des crises d’épilepsie, sur le TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou sur des vétérans du Vietnam.

Connecter les neurones

Ce type de neurofeedback, dit de première génération, est basé sur un entraînement du patient sur son activité cérébrale, qu’il tente de réguler volontairement par la force de la pensée, et a pour cible un trouble en particulier, déterminé à l’avance. C’est l’approche privilégiée par certains psychologues (voir ci-dessous). Celle-ci se distingue nettement d’une autre approche, appelée dynamique, développée il y a dix ans en France et utilisée par la majorité des praticiens, soit une centaine dans le pays. Reposant sur le système informatisé NeurOptimal, elle permet au patient de n’avoir aucune action consciente à effectuer, le cerveau se régulant tout seul.

Installé dans un fauteuil, le patient écoute de la musique. Deux électrodes placées sur le haut du crâne enregistrent son activité neuronale, de manière indolore. Lorsqu’un pic d’activité neuronale est détecté, une micro-interruption du son intervient, inaudible pour la personne, mais perceptible par le cerveau. Celui-ci, en réponse à ce feedback, se réorganise et s’autorégule. « Le but n’est pas d’agir sur un trouble en particulier. C’est le cerveau qui lui-même décide à quel niveau il veut intervenir », explique Anne Maury, épouse du chef d’orchestre Emmanuel Krivine, qui pratique le neurofeedback dynamique depuis sept ans. « La notion de plasticité neuronale est au coeur de l’efficacité de la technique. Les connexions entre les neurones peuvent, en fonction des événements, d’un traumatisme ou de mauvaises conditions s’abîmer, mais surtout se réparer », poursuit la praticienne. Elle reçoit adultes et enfants, pour des troubles comme les problèmes de sommeil, le stress, le manque de confiance, de concentration ou de créativité, les addictions mais aussi l’autisme et le handicap mental des enfants. « Les effets peuvent parfois se faire sentir dès la première séance, mais plusieurs séances rapprochées sont nécessaires pour consolider les acquis », précise-t-elle, insistant sur son approche originale « neuro-psycho musico thérapie ». Elle choisit en effet une musique spécifique en fonction de chaque patient, « adaptée à son état ».

Élaborée par deux Canadiens, Sue et Val Brown, à la tête du Zengar Institute, le système NeurOptimal s’appuie, selon ses concepteurs, sur un algorithme élaboré par Dennis Gabor, prix Nobel de physique en 1971 pour ses travaux sur l’holographie. « Ce système part du principe que le cerveau peut se transformer beaucoup plus rapidement en utilisant des circuits neuronaux inconscients », précise Anne Maury, qui indique que le neurofeedback montre une efficacité dans 95 % des cas, « et d’ailleurs pas forcément là où la personne l’attendait de prime abord ». Technique non invasive, – aucun courant via les électrodes n’est en effet envoyé au cerveau –, le système NeurOptimal ne comporte pas d’effets secondaires connus. Néanmoins, la pratique du neurofeedback dynamique étant libre, seulement conditionnée par l’acquisition d’une machine, les profils des praticiens sont très variables. En vue d’une séance, il est prudent de vérifier au préalable ses références et l’interroger minutieusement sur son approche.

Le neurofeedback à l’hôpital

Deux hôpitaux proposent une prise en charge clinique de neurofeedback de première génération, c’est-à-dire basé sur l’apprentissage et l’entraînement conscient du cerveau. Leurs approches sont considérées comme expérimentales. À la Pitié-Salpêtrière, à Paris, Olivier Pallanca, psychiatre et neurophysiologiste, traite depuis 2011 les troubles du sommeil. À l’hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, le pôle de psychiatrie prend en charge les personnes souffrant de TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).

Isabelle Fontaine pour "Annuaire thérapeutes"
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dans Actualités 1101

Mes cellules, leur organisation, leur mobilité et ce qu’elles fabriquent

Les cellules qui me constituent sont des petits bijoux microscopiques qui bossent donc jour et nuit. Elles s’appellent neurones.
Heureusement, je suis un organe bien équipé avec au total quelque 180 milliards de cellules. Les abeilles, avec près d’un million, ne font pas si mal avec miels, propolis, gelée royale, pollens et même leur venin qui peut être utilisé dans des indications particulières ! 

Les Neurones

Mes neurones sont des cellules purement nerveuses (90 à 100 milliards), en forme d’étoiles, équipées de filaments plus ou moins longs, aux noms prestigieux, axones pour les plus longs et dendrites pour les plus courts. Les axones seuls sont entourés, comme nos fils électriques, d’une substance graisseuse nommée myéline, nécessaire pour accélérer l’influx nerveux qui se propage à la vitesse d’un mètre par seconde. 

Mes neurones ont une vitalité extraordinaire. Même après votre mort, ce que vous appelez « mort cérébrale », mes cellules nerveuses vivent encore au moins une quinzaine de jours. C’est une découverte récente. Les chercheurs trouveront certainement quelques idées pour en faire quelque chose. Ils pensent déjà à l’immortalité, mais je les laisse délirer ! 

Les cellules gliales

Mes cellules gliales sont aussi nombreuses que les neurones (et non pas 5 à 50 fois plus comme on l’a longtemps cru). Elles fabriquent la myéline, si importante pour le passage de l’influx nerveux, nourrissent et entretiennent mes neurones. 

La myéline est constituée surtout de lipides (sphingomyéline) dont les couches alternent avec des couches de protéines. La gaine de myéline permet d’augmenter la vitesse de propagation de l’influx nerveux le long de ces fibres nerveuses, pouvant alors se propager de 10 à 75 mètres par seconde. 

Si l’influx nerveux crée des décharges électriques très brèves, des neurones peuvent déclencher des crises épileptiques en foyer ou plus rarement sur toutes les aires cérébrales. Il s’y associe alors une perte de conscience associée ou non à des convulsions. 

Les cellules gliales ont besoin de bon cholestérol (dans le jaune d’œuf liquide) et d’acides aminés essentiels des produits végétaux (viandes blanches plus que rouges, céréales et graines complètes, légumineuses) et d’acides gras essentiels présents dans les poissons et fruits de mer et des huiles végétales (colza, cameline, noix..). Elles ont besoin aussi des vitamines liposoubles A, D, E, K et des hydrosolubles C et toutes celles du groupe B, de B1 à B12. 

Dans la Sclérose En Plaques (SEP) et dans la maladie de Charcot (SLA ou Sclérose Latérale Amyotrophique), on observe une destruction de la myéline (démyélinisation). 

Notons que l’on sait déjà qu’une meilleure immunité peut favoriser la remyélinisation et qu’expérimentalement, on a pu montrer que des cellules souches adultes du système nerveux central seraient capables de fabriquer de la myéline. 

Les Astrocytes

Mes astrocytes jouent un rôle essentiel pour la protection de la myéline et l’élimination des cellules qui ont terminé leur vie. Ils facilitent donc la conduction nerveuse. 

Nous verrons la semaine prochaine les articulations entre les neurones. 

Evidemment elles ne ressemblent pas aux articulations entre les différentes parties des membres, celles des hanches, des genoux ou des chevilles.. Aussi les grands spécialistes leur on donné des noms particuliers, les synapses.

Elles ont des fonctions essentielles. 

Très cordialement 

Pr Henri Joyeux 

 

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dans Actualités 797
Les forces mécaniques s'exerçant lors de la croissance cérébrale permettent d'expliquer la formation des circonvolutions.
 
 

Ce pourrait être une insulte de cours de récréation: «T'as le cortex lisse !» L'homme partage cette caractéristique avec le cheval, le mouton ou le chat : son cerveau est parcouru de plis et de bosses tandis que d'autres, comme la souris, ont l'encéphale lisse comme une peau de bébé. 

Ces circonvolutions nous offrent un avantage : le cortex peut ainsi, dans un espace restreint, multiplier sa surface, donc le nombre de neurones qui le peuplent et de connexions qui le parcourent, et raccourcir la distance entre deux neurones. Jugez-en : dans un volume de 1200 millilitres en moyenne, un adulte cache une surface de matière grise qui ferait 2400 cm2 si elle était dépliée, abritant 20 milliards de neurones et 150.000 km de fibres nerveuses. Et malgré un «dessin» de base commun nous ne possédons pas tous exactement les mêmes plis : une équipe américaine a ainsi révélé dans la revue Brain en 2012 que le cerveau d'Einstein, qui avait beaucoup déçu par sa relative petite taille, présentait dans certaines zones des circonvolutions plus complexes que des cerveaux «moyens »

Cela ne suffit pas pour autant à affirmer que là se cache le secret de l'intelligence humaine. Du mouton et du rat, le plus intelligent n'est pas celui dont le cerveau est plissé…

Les circonvolutions du cortex

Mais un débat agite les neuroscientifiques : qu'est-ce qui pousse notre cortex à se plisser ? Injonction de nos gènes, tambouille biochimique ? Une fois n'est pas coutume quand on parle de cerveau, l'explication la plus simple est peut-être la bonne : lors de son développement, la substance blanche multiplie son volume par 20 tandis que le cortex qui l'enveloppe multiplie sa surface par 30. Les circonvolutions du cortex seraient générées par cette expansion contrainte. Une bête histoire de mécanique.

L'hypothèse a été formulée il y a une quarantaine d'années mais nul n'avait encore pu en prouver la validité. Une équipe de chercheurs finlandais, américains et français ont (partiellement) résolu le problème et publient leurs conclusions dans Nature Physics. L'IRM cérébrale d'un fœtus de 22 semaines, âge où le cerveau est encore lisse, leur a permis de fabriquer un modèle en élastomère souple figurant la matière blanche (le centre du cerveau), recouvert couche après couche d'un gel figurant la matière grise (le cortex). Immergé dans un solvant, ce «cortex » a gonflé beaucoup plus vite que la «matière blanche » et la tension exercée l'a forcé à se plisser pour aboutir à une structure très semblable à un cerveau humain. «Les circonvolutions sont une conséquence inévitable d'une expansion corticale contrainte », concluent les chercheurs. 

La contrainte exercée par le crâne

Un modèle numérique poussé jusqu'à l'âge adulte montre, là encore, une évolution très semblable à la réalité : un pliage qui démarre doucement, des sillons et des bosses s'alignant perpendiculairement au stress compressif maximum avant de se diviser en diverses «branches », et un cortex fin et souple sensible au moindre changement de paramètre.

Ce modèle «beau et simple » permet même de prédire où apparaîtront les circonvolutions, commente dans la même revue Ellen Kuhl, du département d'ingéniérie mécanique et de bioingéniérie de l'université de Stanford. Mais il présente tout de même quelques limites.

Avec le modèle fait de gel gonflant, le développement du cerveau n'a pu être mimé que jusqu'à 34 semaines de gestation (presque le terme d'une grossesse) car «il était impossible de faire grossir également le centre du modèle comme cela se passe dans la réalité», précise François Rousseau, professeur en imagerie médicale à l'Institut Mines-Télécoms. Cosignataire de la publication, il admet que le rapport entre croissance du cortex et croissance de la matière blanche «n'est sans doute pas la seule explication au plissement du cerveau. Il nous faudra ajouter d'autres contraintes, par exemple celle exercée par le crâne. Mais cette étude montre que le simple fait que le cortex croît un peu plus vite que la substance blanche suffit à créer des sillons.»

Soigner certaines maladies 

«Maintenant que nous avons une théorie physique et un modèle rigoureux (…), que faisons-nous avec?», s'interroge Ellen Kuhl. Le prochain pas sera, estiment les chercheurs, de «comprendre comment la forme et les fonctions du cerveau se régulent mutuellement ». Corréler ces nouvelles données avec ce que l'on sait de la localisation des fonctions cognitives, la formation des neurones et les liens qui les connectent, pourrait permettre de mieux diagnostiquer, voire soigner certaines maladies liées à des anomalies du plissement cortical comme la lissencéphalie (cerveau lisse) ou la polymicrogyrie (très plissé). Des chercheurs du CNRS ont même récemment identifié qu'un pli particulier présentait une anomalie chez des enfants autistes.

Les chercheurs franco-américains ont donc utilisé un index qui indique «le degré de plissement du cerveau », résume François Rousseau. Peut-être un jour pourra-t-on prédire, à partir d'une IRM cérébrale, qu'un cerveau en croissance risque de pâtir de ses faux plis…

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dans Actualités 946
Ceux qui jouent régulièrement d'un instrument développent davantage leur habileté mentale. 

Beaucoup de parents sont convaincus qu'une éducation musicale ne peut faire que du bien à leur enfant. Ils ont raison. Une équipe de chercheurs en neurosciences de l'Université de Harvard et du Boston Children's Hospital (États-Unis) vient peut-être d'en découvrir la raison.

La pratique régulière d'un instrument dès le plus jeune âge favoriserait les fonctions exécutives du cerveau, celles qui permettent de s'adapter à des situations nouvelles ou complexes. Contrairement aux activités routinières, celles-ci imposent de faire des choix entre plusieurs actions possibles. Le rôle des fonctions exécutives est alors crucial.

Il s'agit, par exemple, de choisir entre attendre un coup de téléphone qui tarde, ou prendre sa douche pour être prêt à temps (planification). Ou encore de s'empêcher de faire une action automatique (inhibition) en restant focalisé sur un objectif inhabituel ; par exemple, éviter de prendre machinalement le trajet de son travail alors que l'on rejoint une autre destination, mais que le chemin est au départ le même. Le «résoluteur de conflit», selon le jargon des psychologues, qu'est notre système exécutif ayant naturellement tendance à opter pour le comportement habituel.

Des travaux ont déjà mis en évidence de meilleures performances cognitives chez des musiciens, enfants ou adultes, mais jusqu'alors il était difficile de savoir si cela provenait de la pratique, en soi, ou d'un biais de sélection, les musiciens venant souvent d'un milieu socio-économique plus favorisé.

L'intérêt de cette nouvelle étude est d'avoir soigneusement comparé une quinzaine d'enfants musiciens (filles et garçons) avec une douzaine d'enfants non-musiciens, mais de QI et de niveau socio-économique équivalent. Il était important de tenir compte du QI, car, précisent les auteurs, «des études antérieures ont montré un lien entre le QI et les fonctions exécutives».

Flexibilité mentale

Or les tests psychométriques auxquels ont été soumis les enfants ont montré que l'avantage conféré par l'activité musicale persiste même après ces ajustements. De plus, les chercheurs ont effectué des examens d'imagerie cérébrale sophistiqués (IRM fonctionnelle) qui confirment un surcroît d'activité dans des zones du cortex préfrontal du cerveau impliqué dans les fonctions exécutives.

Les fonctions exécutives se décomposent en de multiples habiletés mentales, telles que la planification et l'inhibition déjà évoquées, mais dans les travaux de Boston, deux seulement semblent bénéficier de l'exercice musical. D'abord, la flexibilité mentale, cette capacité à passer d'un comportement à un autre en fonction des exigences. Par exemple, alterner des additions et des soustractions dans un exercice de calcul. Ensuite, le rafraîchissement de la mémoire de travail. Une mise à jour mentale des informations dont l'archétype pourrait être, au restaurant, la prise d'une commande par un serveur qui doit actualiser les changements des uns et des autres.

Ces résultats sont importants car, outre leur importance pour la planification et la sélection des actions de la vie quotidiennes, les performances exécutives semblent aussi prédictives de la réussite scolaire. Dans une étude conjointe de l'université d'Aberdeen et du Nebraska, publiée en 2008, les enfants qui avaient les fonctions exécutives les plus développées à l'âge de 4 ans et demi étaient aussi ceux qui obtenaient les meilleurs résultats scolaires trois ans plus tard.

Pour les chercheurs de Boston, il serait dangereux d'évincer l'enseignement musical des programmes scolaires américains, dans la mesure où le bénéfice s'étend bien au-delà de la seule pratique artistique. Signalons que, dans leur étude, les enfants avaient en moyenne cinq ans de pratique à leur actif à raison de 3 heures et demie par semaine, et avaient débuté la musique à 6 ans.

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dans Actualités 933

Les neurosciences affectives et sociales se développent depuis une quinzaine d’annéesEn nous éclairant sur le développement du cerveau de l’enfant, ces découvertes récentes apportent un éclairage nouveau sur la façon dont l’enfant se développe, interagit avec son environnement, vit ses émotions. Pour nos invitées, une meilleure compréhension de ces mécanismes peut aider à repenser notre façon de nous comporter avec nos enfants, car les bienfaits d’une éducation bienveillante sur son développement sont aujourd’hui prouvés scientifiquement.


 Avec Catherine Gueguen Pédiatre, formée en communication non violente, auteur de Pour une enfance heureuse, penser l'éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, éditions Robert Laffon
Isabelle Filliozat Psychothérapeute et auteur de nombreux livres dont J’ai tout essayé !  et  Il me cherche !  aux éditions JC Lattès
 

 

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dans Actualités 933

Les enfants menacés par les écrans.

Les conseils de Sabine Duflo (1), psychologue en centre médico-psychologique (CMP) pour enfants et adolescents.

« Aujourd’hui, la gestion des écrans est devenue le principal facteur de conflit dans les familles. Il faut donc trouver des règles adaptées aux parents et aux enfants. Je me suis rendu compte que les recommandations en termes d’âge ne fonctionnent pas avec une fratrie de plusieurs enfants. Comment gérer la situation lorsque le petit de trois ans a droit à une demi-heure de tablette, celui de six ans à trois quarts d’heure de console de jeux et l’adolescent de 12 ans à deux heures d’ordinateur ? Non seulement cette règle oblige à multiplier les écrans, mais il est difficile de dire au plus jeune de s’arrêter lorsque les plus grands continuent. Le petit va forcément être attiré par les écrans des frères ou sœurs et finir par regarder des contenus qui ne lui sont pas destinés. L’écran est un objet qui capte l’attention, fascine, dont l’enfant n’arrive pas à se détacher.

QUATRE TEMPS SANS ÉCRANS

Ce qui fonctionne mieux, c’est de libérer du temps sans écrans. J’ai intitulé ces moments” Les quatre pas pour mieux grandir’’, en reprenant les recommandations des pédiatres américains et canadiens. Il s’agit de supprimer les écrans à des moments clés, afin qu’ils ne perturbent pas le développement de certaines compétences essentielles chez l’enfant, comme l’attention, le langage, ou des fonctions comme le sommeil.

PAS D’ÉCRAN LE MATIN

Ainsi, je recommande de ne jamais allumer les écrans le matin, même le week-end, car c’est le moment où l’attention volontaire de l’enfant est la plus forte, c’est-à-dire sa capacité à se fixer sur un stimuli qui ne bouge pas, comme un livre, la maîtresse qui parle, ou un jouet qu’il manipule. C’est cette concentration, qui est nécessaire à l’école et essentielle aux apprentissages. Or l’écran entrave ce type d’attention. Il surstimule, au contraire, l’attention non volontaire, c’est-à-dire le fait d’être capté par des stimuli externes, qui brillent, scintillent, bougent et font du bruit. Mettre un enfant devant les écrans le matin, même quinze minutes, c’est aussi absurde que de partir au travail avec la batterie du téléphone à plat.

MÊME LE WEEK-END

Même lorsque il n’y a pas d’école, il n’est pas souhaitable que l’enfant reste devant les écrans le matin. Il faut profiter de ce temps pour le laisser apprendre des gestes qu’il n’a pas forcément l’habitude d’effectuer seul, comme s’habiller ou préparer le petit déjeuner. Ce sont des étapes importantes pour son autonomie. En outre, cela évite qu’il se réveille très tôt. Beaucoup d’enfants s’autoprogramment pour se lever à l’heure de leur dessin animé préféré.

En libérant du temps sans écrans, les parents signifient à l’enfant qu’il est capable de trouver en lui-même des ressources pour jouer seul et se sentir bien, ce qui est essentiel pour son développement.

PAS D’ÉCRANS PENDANT LE REPAS

Le deuxième moment à préserver est celui du repas. Aux États-Unis, les jeunes entre 7 et 18 ans, passent en moyenne sept heures quarante par jour devant les écrans, ce qui leur laisse très peu de temps pour les conversations en famille ! Or, c’est en discutant avec ses parents ou ses pairs qu’un enfant apprend et développe son langage. Ce manque d’interaction est donc très préjudiciable. D’où la nécessite d’éteindre les écrans pendant les repas, qui doivent rester un moment privilégié pour discuter, voire se disputer, mais échanger quoiqu’il arrive.

PAS D’ÉCRANS DANS LA CHAMBRE

Les écrans dans la chambre sont aussi à proscrire, au moins jusqu’à l’adolescence. Pas de télévision, ni de connexion Internet. Sinon, c’est comme laisser un paquet de bonbons ouvert sur la table de chevet. Non seulement cela aboutit à une surconsommation d’écrans, mais les parents n’ont aucun contrôle sur les contenus. La capacité à s’autoréguler est très faible face aux écrans.

PAS D’ÉCRANS LE SOIR

Le soir, il faut aussi savoir éteindre tablette, télévision ou ordinateur. De nombreuses études ont en effet démontré que la lumière bleue des écrans agissait sur la mélatonine (l’hormone du sommeil) et perturbait le sommeil en retardant l’heure de l’endormissement. Sans compter que des images chargées émotionnellement, sans être violentes, ont également un impact sur les rêves.

Ces recommandations ont des effets positifs, voire spectaculaires avec des enfants en bas âge. Je le constate tous les jours chez les familles que je reçois. On sait aujourd’hui qu’une surconsommation d’écrans chez les enfants de 2, 3 ou 4 ans entraîne un retard de langage, des troubles de l’attention, une agitation et entrave le processus de sociabilisation (2).

Avec ces ’’quatre pas’’, les parents libèrent du temps sans écran et sont plus sereins pour gérer le reste. En outre, ces règles déclenchent une série de micro réorganisations au sein de la famille bénéfiques pour chacun de ses membres. »

Recueilli par Paula Pinto Gomes

(1) Sabine Duflo est l’auteur d’une récente tribune, publiée dans le journal Le Monde, signée par sept spécialistes, pour alerter contre les dangers des écrans sur les jeunes enfants.

(2) Lire la tribune dans le journal Le Monde du 14 septembre 2015.

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dans Actualités 973